Samedi 20 avril 2024
Or donc, me voici inscrit à mon 9ème 6 jours. Rappel des épisodes précédents : 2010, 2013, 2014, 2014, 2015, 2016, 2017, 2019. C'est donc une longue histoire. Longue mais interrompue car donc, le dernier c'était il y a 5 ans. Retour aux sources, donc.

Je suis accompagné de Florence, ma soeur, qui fera mon assistance, et suis installé dans un bungalow tout confort. Je retrouve des amis bien sûr, en particulier Sébastien avec qui j'ai fait une backyard à Monteux.
Que dire de cette course ? Que je n'étais pas super bien préparé, j'ai assez mal vécu le "alors Christian, tu vas gagner ?" avec lequel certain(e)s m'ont accueilli. Disons que je ne suis jamais contre une victoire, mais là je n'étais sûr de rien. Déjà réussir à faire une course propre et correcte, ce serait pas mal. Et je ne suis pas né de la dernière pluie, il y a toujours (toujours) un coureur ou une coureuse, sorti(e) de nulle-part, et qui crée la surprise. En l'occurrence ce sera Jean-Michel Terme.
Je vois son nom, invariablement, sur le tableau de passage, parfois devant, jamais très loin derrière.
Forcément, quand c'est comme ça, on ne sait pas qui c'est car on ne se double jamais, vu qu'on avance à peu près à la même vitesse. Au bout de deux ou trois jours je demande à Florence de me dire qui c'est, en gros aller voir sa fiche sur DUV. Et donc c'est un excellent coureur, moins de 9 heures à Millau (plus rapide que moi), 27 heures et des brouettes à l'UTMB (presque 10 heures de moins que moi, sur un parcours plus difficile...) donc bref, ce n'est pas un perdreau de l'année.
Sur le papier, si on compare les performances brutes sur distances comparables, il m'éclate, y'a pas débat. Après bon, sur 6 jours, j'ai ce qu'on appelle "le métier". On verra bien.

Je mène donc ma barque. La météo est plutôt bonne pour faire une perf, nombre d'athlètes se plaignent qu'il fait froid, venteux etc. Oui OK ça souffle, mais c'est moins pire que 35 degrés et la pétole. Après c'est vrai je suis en bungalow, ça simplifie les choses. Jean-Michel lui, est tout seul, dans une tente, c'est pas la même limonade. J'ai fait ça, tout seul dans une tente. C'est différent. Mais au final pas certain qu'on perde tant de kilomètres que ça.

Je me rappelle d'une nuit en particulier, où je décide d'accélérer pour tenter - on y croit - de battre mon record personnel. Peine perdue, malgré la musique à fond dans les écouteurs, la meilleure volonté du monde, je m'endors-écroule à moitié sur le bord du circuit. Bon, ce ne sera pas pour cette fois le record perso, et encore moins les 900 km...

Jean-Michel ira chercher une très belle première marque à tout juste plus de 800 km. Au bout du bout de l'effort, passé les 800, il se pose sur une chaise, je crois que là, il est bien cuit-cuit-cuit comme il faut. À point.
Il reviendra plus fort, j'en suis sûr.
De mon côté je termine premier et boucle un 7ème "plus de 500 miles". C'est important pour moi, par coquetterie, car la marque symbolique des 800 km est suivie de très près par le "500 miles" donc, grosso-modo 805 km. Ça vaut le coup de pousser à 805, quand on est à 800. 806 pour être certain de son coup. Je connais des coureurs et coureuses qui ont été déçus de passer à 199.97 km au lieu de 200.03 km après un re-mesurage de circuit...
L'année prochaine, ce sera les championnats du monde, sur ce même circuit.
J'y serai !
