1ère partie

Quelles courses ?

J’ai fourni une petite liste de courses sur laquelle j’ai tenu le rôle d’accompagnatrice. Malgré sa variété, elle est loin de refléter l’éventail des possibles. Peut-être même qu’une fois que j’aurai fait la courte liste des impossibles, cet éventail paraîtra surdimensionné.

D’après la CNCHS, la Commission Nationale des Courses Hors Stade, organe de la Fédération Française d’Athlétisme, il faut, pour être labellisée, et en nous cantonnant au domaine qui nous intéresse :

  • Interdire ou limiter au maximum tout engin roulant, jusqu’aux rollers, ou motorisé, sur le parcours.
  • Et interdire tout ravitaillement par des personnes extérieures hors des zones de ravitaillement prévues par l’organisation.

En bref, dans l’idéal, pour un administratif de la Fédération (L.S.T.), sur une course labellisée par la FFA, un accompagnateur bénévole doit être réduit au rôle de porteur de banderole « Allez Christine ! », à moins qu’il n’ait le potentiel lui permettant de faire le lièvre.

En triathlon, le règlement est encore plus strict : aucune assistance n’est permise, ni dans les zones de ravitaillement, ni en dehors. Ni bien sûr dans la course. Le drafting est interdit également, pas de lièvre ici.

Reste le cyclisme. Je n’ai pas épluché les règlements. Mais j’ai été soumise aux visionnages du Tour de France par mon arrière-grand-père, et s’il y a une chose dont je suis certaine, c’est que les cyclistes ont une assistance en course. Seulement voilà, ça ne m’intéresse pas. J’ai envie de parler de l’artisanat de l’assistance en course ici, pas de l’artillerie lourde, des oreillettes, des saunas ambulants dans les camping-cars de luxe, des prescriptions contre l’asthme.

Courses hors stade, triathlon, cyclisme, ça me fait un bon résumé. Comme chacun le sait, les fédérations ne voient pas plus loin que la distance mythique, celle que chacune a décrété comme la Plus Longue Distance dans son domaine. Au-delà ? « Ce n’est plus de la course à pied », « Ce n’est plus du triathlon », bref, ça compte pour du beurre. Ce qui compte pour du beurre, c’est donc : la course à pied de plus de 42,2 km (la Distance Mythique), le triathlon au-delà de l’IronMan (la Distance Mythique vaut ici 3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course à pied) et en vélo c’est encore plus simple, on ne donne pas de Distance Mythique, simplement on appelle touristes (ou cyclotouristes) ceux qui parcourent de longues étendues. Comme ça ils comptent pour du beurre même quand ils font simplement une sortie du dimanche matin.

Nous voilà avec une belle tripotée de courses sur lesquels il peut y avoir des accompagnateurs : toutes celles qui comptent pour du beurre, et il n’y en a pas qu’en Bretagne. Voici quelques exemples :

  • Les courses de hamster. L’objectif est de faire un nombre insensé de tours sur une petite boucle. En course à pied, ce sont surtout les courses horaires (6h, 12h, 24h… et plus) En ultra-triathlon, c’est aussi la norme. La boucle de natation n’est pas la même que la boucle de vélo, patate. Simplement, après avoir enchaîné des longueurs de piscine, on tournicote sur son vélo à côté de ladite piscine. Puis on court, parfois sur un circuit différent, parfois simplement à contre-sens des vélos. Pour ces courses-ci, l’accompagnateur installe un petit stand au bord de la boucle et voit son coureur passer à intervalles réguliers.
  • Les courses à roulettes. Ce sont en général des courses à pied de 100 km, mais la formule existe sur d’autres distances. L’accompagnateur s’est muni d’un fier destrier, généralement à deux roues (mais on en a vu à plus, ou moins, j’ai été témoin d’un coureur accompagné d’un monocycle, d’un autre accompagné par un type en fauteuil roulant.) Il roule à la vitesse de son protégé pendant toute la course et réalise donc tout le parcours avec lui. Il est à noter que c’est un réel avantage par rapport à la course de hamster : sur un boucle, à force de tenir un stand, il arrive qu’on découvre vers la fin de la course, parfois après plus de 30h passées au bord du circuit, des dizaines de passages du coureur, que l’on n’a aucune idée du paysage là-bas, de l’autre côté, à quelques 500 m de notre chaise.
  • Les courses à postes fixes. Tiens, voilà un paragraphe valable en dessous de la Distance Mythique (sauf en triathlon). Sur certaines courses, il est possible d’aider un coureur, mais seulement aux postes de ravitaillement, voire même seulement à quelques postes de ravitaillement précisés avant le début de la course. C’est le cas en trail, sur certaines courses cyclotouristes, et sur d’autres courses. L’avantage pour l’accompagnateur, c’est qu’il découvre la région autour du circuit de course, puisqu’en général il ne peut pas aller d’un ravitaillement à l’autre en suivant le même circuit que la compétition. Il peut même découvrir de larges zones autour du circuit, ce fut du moins mon cas quand je dus me débrouiller en pleine nuit avec des indications écrites en grec au milieu du Péloponèse.

La bonne nouvelle, c’est que quel que soit l’endroit où on aime poser ses fesses : chaise pliante Quechua, selle en cuir Gilles Berthoud ou fauteuil Faurecia, on peut faire accompagnateur.

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Mis à jour le mercredi 21 septembre 2011.