21/03/2010 - CR 200km de Longjumeau

Ce week-end, sur une suggestion d'Emmanuel Conraux, qui de passage à Paris a fait l'Ecotrail, je suis allé user mes pneus sur un BRM ("brevet de randonnée mondiale", c'est du vélo) de 200km, départ de Longjumeau. Qui dit départ de Longjumeau, dit "il faut aller à Longjumeau". J'y vais en vélo depuis Argenteuil, en partant à 5h30 je dois pouvoir être sur place à 7h30. Je pars en retard à 5h45 et arrive tout de même à 7h30, m'étant perdu un petit peu (j'ai raté la N20 à la Porte d'Orléans, faut le faire!) et suis légèrement stressé à l'idée de faire patienter Manu inutilement.

Pas de panique, il est lui-même en retard - faut dire, il s'est appuyé 80km de course à pied dans les bois la veille, il a eu besoin de sommeil - et cherche un peu le gymnase du départ. Bon, on se retrouve, ça me fait plaisir de le voir. Il récupère son carton, et j'en profite pour vous expliquer le concept des BRM, j'adore. C'est simple, le départ se fait à l'heure que vous voulez (dans une tranche horaire convenue évidemment, ici entre 7h et 8h du matin) et on note juste sur un carton votre heure de départ. À l'arrivée il suffit de regarder l'heure d'arrivée et en retranchant l'heure de départ, on obtient le temps de course. Simple non? Entre les deux, il y a des points de contrôle. Il s'agit d'aller faire tamponner son carton aux endroits ad hoc (ici c'étaient des restaurants ou des bistrots, Manu m'a confié que parfois il suffit juste de trouver un commerçant, n'importe lequel, qui soit ouvert et qui ait un tampon, juste pour dire qu'on est bien passé dans le bon patelin). Enfin bref, c'est ultra simple, coût de l'opération 5 Euros et 50 centimes. Et encore, si on a une licence FFCT je crois que c'est moins cher. Je ne me suis pas ruiné.

Mon (nouveau!) vélo
Le vélo qui va me servir en 2010 et pendant de longues années j'espère, un Cannondale Synapse 105. Le cadre est réputé confortable. Je confirme, il est pas mal.

On part tranquille, j'ai pas pris trop de vêtements, juste ce qu'il faut. Et ça souffle! Boudiou qu'est-ce que ça souffle. On a le vent 3/4 gauche ou 3/4 droite, en pleine face, et il ne mollit pas. Fichtre, la moyenne n'est pas glorieuse. Manu a un peu les cuisses défoncées de la veille (tout s'explique) et moi-même je ne suis pas un foudre de guerre, malgré mon beau vélo tout neuf je préfère m'économiser, après tout je suis en pleine prépa marathon, pas la peine de jouer au héros. Et la journée n'est pas finie. C'est ainsi que partis en retard à 8h15 nous roulons à 20km/h de moyenne, plein Ouest, vent dans la gueule. Une petite bruine s'invite à la fête. Et puis s'en va. Le vent reste.

Au beau milieu de nulle-part, en arrivant sur Janvry, je vois un cycliste sur le bas côté, dans un champ, qui est debout, comme une âme en peine, à côté de son vélo, la roue démontée. Encore un qui a crevé. Fait remarquable, il porte les couleurs du Tri91, habillé de la tête au pied en bleu et rose, comme moi. Que lui soit dans les parages, ça s'explique, que moi j'y sois, c'est improbable (j'habite à 50km) et que nous nous rencontrions par hasard, c'est exceptionnel. Il s'appelle Mickael et a donc percé ses deux chambres de secours. Je lui en file une, nous discutons rapidement (Manu a une pompe de compétition, je veux la même!), je lui propose de nous accompagner, mais non, il n'a plus le moral, et préfère rentrer. Salut!

La tour de Gallardon
Remake franchouillard de la Tour de Pise, la tour de Gallardon est à cette dernière ce que Brie-Comte-Robert est à Dallas.

Au premier point de contrôle, je dévore une baguette, et nous repartons. Manu, qui est alsacien, ne connaît pas tout à fait en détail les mérites de la Beauce. Je le bassine avec mes récits du Raid 28 alors que nous approchons de Nogent le Roi. Souvenirs, souvenirs... Nous rattrapons un vélo couché juste avant le second point de contrôle. Il a installé une caméra sur son casque, c'est du meilleur effet. J'apprendrais par la suite qu'il est aussi sur le forum Super Randonneur qui rassemble, entre autres, les amateurs de Paris Brest, une course que j'aimerais bien faire en tandem avec Valérie. Mais nous nous écartons du sujet, revenons à nos moutons!

Donc, après avoir engloutis quelques sandwichs au jambon nous continuons notre route, et, fait remarquable, nous n'avons plus le vent dans le nez. En fait, nous avons d'une part changé de direction, et d'autre par le vent est tombé. On ne va pas se plaindre, le soleil pointe le bout de son nez. C'est le printemps! Nous perdons un peu de temps à chercher notre route, je suis un boulet, j'aurais du prendre une carte de la région, j'en ai plein à la maison. Nous visitons Bû. Ah, Bû. J'ai un collègue qui habite à Bû. Bon, j'ai vu Bû. Bû, c'est beau. Allez, on s'casse.

Driiiiiing driiiiiing. Mon portable sonne, je décroche. Allô? Ma grande fille vient de perdre sa deuxième dent. En même temps, chest pas fachile tcheu téléchauner achec un gant dans la gouche. Je raccroche, content comme tout d'être au courant des péripéties familiales, un peu inquiet sur mon horaire de retour. À force de perdre une minute par-ci par-là à chercher la route, et de rouler à notre rythme de sénateur, on n'a pas trop de marge.

Nous sommes sur le retour. Manu constate qu'il est venu s'entraîner pas loin en début de semaine. Jean-Paul me téléphone pour m'annoncer qu'il ne viendra pas nous rejoindre comme prévu, il s'est fait rincer par une pluie copieuse à l'Ecotrail, et il a préféré aller faire de la récup' à la piscine plutôt que d'aller se charger avec des km à vélo. Dont acte.

Dernier point de contrôle, je téléphone à Valérie pour lui expliquer que je vais vraiment (vraiment) être à la bourre. Je vais tenter d'être à l'heure pour voter, mais c'est pas gagné. À 10km de l'arrivée, nous manquons de nous fracasser dans un accident aussi ridicule que dangereux, le grand classique "on va à droite? nan, tout droit? droite? nan droit!" et celui qui est à droite de partir tout droit et celui qui est à gauche de partir à droite. Au dernier moment, nous évitons le drame. Je me promets d'essayer d'être plus malin, ou moins con, ou les deux.

Arrivés à Longjumeau, je commets un impair en manquant d'attaquer le buffet réservé aux officiels, m'empriffre de sandwichs au pâté (pour les coureurs, ceux-là) discute rapidement au sujet du brevet de 1000km organisé par le club de Longjumeau (1000km à vélo, ça envoie du genoux hein?) et puis surtout, je pars, car je suis à la bourre de chez à la bourre.

Je file le plus vite possible le long de la N20, puis me retrouve englué dans la circulation parisienne, à 20h00 un dimanche soir, retour de week-end. Pas très très agréable, mais bon. J'arrive à 20h35, juste à temps pour faire un bisou à mes filles qui vont se coucher. Mais trop tard pour voter :( J'ai 279km au compteur. Bonne sortie d'endurance, ça a l'air de rien ces petites sorties, certains pensent qu'elles sont inutiles (rythme trop faible pour être efficace) mais je pense le contraire. C'est grâce à elles qu'on apprend à bien gérer la logistique et aussi, reconnaissons-le, la lassitude qui guette tout coureur d'ultra.

Prochain événement, le Marathon de Paris où je compte bien accrocher le 2h50'. J'y travaille dur, en tous cas.

PS: info de dernière minute, à force de discuter avec Emmanuel, et conscient que je ne vais pas préparer un déca avec des p'tites sorties rikiki de 30km, j'ai décidé de m'inscrire à Bordeaux-Paris. À vélo, d'un bloc. 620km, temps limite 28h. Yahou!

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Mis à jour le lundi 22 mars 2010.