CR flèche cyclouriste de Nantes

Vendredi 6 juillet 2012

Il y a deux semaines, je me faisais une petite flèche Paris - Le Mont St Michel, aller-retour . Ce week-end, je profite que ma petite famille est de sortie pour m'offrir une petit aller-retour, selon le même principe, mais en augmentant légèrement la vitesse puisque je vais à Nantes.

Parcours comme toujours trouvé sur le site de l'Audax Club Parisien et disponible sur OpenRunner, 430 km (à noter que le parcours dont je me suis inspiré datait de 2010, depuis il a été mis à jour, mais enfin, il n'a pas du énormément bouger, l'esprit reste le même je pense).

Paris
Je m'apprête à partir. Que vois-je à l'horizon? Oui, des vilains nuages tous pourris.

Comme je suis un peu serré niveau temps, je décide de partir du boulot, direct, sans rentrer chez moi. Pour la première fois de ma vie je vais faire une vraie flèche en partant de Paris, et non pas d'Argenteuil.

Rue du Louvre, 2ème arrondissement. Les nuages menacent. Il est aux alentours de 18h00. Je pars rue de Rivoli. Ça commence à tomber. Je m'habille. Je manque de percuter un pièton qui squatte la piste cyclable. Je remonte les Champs-Élysées. Je n'avance pas très vite, il y a un traffic monstre, c'est insuportable. OK je roule régulièrement dans Paris donc j'ai l'habitude mais là je suis pressé, j'ai soif de grands espaces. Enfin je traverse le périph et plonge en banlieue.

Je suis vaguement inquiet, la météo est instable, vais-je me faire tremper toute la nuit? L'obscurité s'installe alors que je commence à être en très lointaine banlieue, les contreforts de l'Île de France, ces coins où si cela se passe bien on peut être au boulot en 1h30, et cela se passe mal on met 4h. Je n'aime pas ces coins, ces villes n'existent pas vraiment, elles sont trop loin de la ville pour que l'on puisse en profiter, et les activités locales m'y semblent absolument inexistantes. Bon bref, je roule. Je fais un ultime plein de boisson dans un resto qui ferme. Il est bientôt 23h00. C'est parti pour une grande nuit de solitude.

Samedi 7 juillet 2012

La nuit ne se passe pas si mal que ça. La plaine derrière Chartres, c'est une purge, mais autant, pour le coup, le faire de nuit. Je file bon train. Certains coins sont ouvertement dangereux, les routes sont larges, les voitures roulent vite, je suis seul sur un petit vélo de rien du tout.

J'avale les kilomètres, le jour se lève. Je traverse des zones blindées d'étangs, il fait humide, et pas très chaud pour la saison. Je fais une pause dans un café paumé, je discute avec le patron, lui explique que je vais à Nantes. La journée se passe plutôt bien, jusqu'à ce que vers midi, la pluie décide de se mettre de la fête. Au début c'est juste une bruine. Puis cela empire. Sur la fin, je me fais battre par un vent chargé d'eau, qui m'arrive en pleine face. Et ça monte, et même quand ça descend, je ne peux pas prendre de vitesse car je n'y vois rien, j'ai froid, la pluie me fait mal au visage.

C'est avec un plaisir non dissimulé que je pénètre dans Nantes. Et à 200 mètres du but, de l'endroit qui sur la trace GPS, marque la fin de la Flèche, devinez quoi : je crève. Saleté. Le pneu est mort, il va falloir le changer, il a été tailladé par un bout de verre sur une piste cyclable (j'aurais du rouler sur la route tiens, ça m'apprendra à respecter la règle). Je répare. Je gonfle. Et là, au moment de retirer la pompe, surprise! L'embout reste coincé dans la pompe. La chambre à air est morte. Je change à nouveau la chambre. Tout ceci m'agace un peu. Je décide de snober le parcours officiel, de ne pas faire les 200 mètres qui manquent et de filer direct chez mon oncle et ma tante qui habitent dans le secteur.

La crevaison, face A
Jusqu'ici, c'est juste une crevaison à 300 mètres du but.

Ils m'accueillent comme un prince, je mange comme un ogre, je peux même mettre mes vêtements à sécher, mon oncle va me chercher des chambres à air de secours au Décathlon local, c'est royal et cela tombe à pic.

Je ne m'éternise pas trop, je remonte en selle et repars, le vent dans le dos, cette fois. Et pour le coup, maintenant, j'avance plus vite. Ceci étant, j'ai de sérieux problèmes de sommeil.

La nuit tombée, la pluie se ré-invite, et c'est reparti, je suis mouillé, je grelotte. J'ai repéré, à l'aller, un petit abri-bus auquel je serai, si tout se passe bien, vers 3h du matin. Mais 3h du matin, c'est encore dans très longtemps. Avec la pluie, je m'arrête parfois sur le bord de la route, dans l'herbe, pour laisser passer les voitures, j'ai trop peur de me faire écraser bêtement, on n'y voit rien.

La crevaison, face B
Maintenant, c'est plus corsé, après une 1ère réparation, je constate avec dépit que la chambre à air utilisée pour réparée est... cassée, au niveau de la valve.

Au beau milieu de la nuit, j'improvise une sieste éclair sur un banc, protégé de la pluie. Je dors 20 minutes. En face, des gens font la fête. Je frappe à la porte, et leur demande s'ils n'auraient pas un peu d'eau, un truc à boire. Je me fais inviter, on me propose du café que j'accepte avec grand plaisir et des cerises à l'eau de vie que je décline. J'adore ça, mais vu mon niveau de fatigue, prendre quelque chose d'alcoolisé maintenant serait du suicide, au sens propre du terme. Je repars et rejoins mon abri-bus. Je m'y installe mais au bout d'une heure je déménage en face, dans les pissotières, adossées à une Église. En effet, l'abri-bus est ouvert côté ouest et le vent s'y engouffre, je suis donc gelé. En revanche les sanitaires sont mieux orientés, j'y suis plus au chaud. C'est vraiment la grande classe, dormir des dans des WC publics dans des vêtements qui puent, vive l'hygiène sportive!

Dimanche 8 juillet 2012

Il fait maintenant jour et je roule à nouveau à une allure normal, avec le soleil, les gros problèmes de fatigue s'estompent. Je profite de cette belle matinée, j'ai tout mon dimanche pour rouler, c'est génial.

Petit bout de campagne
Dimanche matin après une nuit humide, le plaisir du vélo aux premières heures du jour.

Je prends des photos, il fait presque beau et soleil, tout se passe bien, la crevaison de la veille est oubliée quand... PANG! Un rayon qui casse. À l'avant. J'avais déjà eu la même blague au 1000 km de Longjumeau , mais à l'arrière. Cette fois-ci j'ai changé les roues, je croyais pourtant avoir choisi un modèle réputé solide, et j'ai à nouveau le problème. Bon, j'enguirlanderai le vendeur plus tard, pour l'instant il faut trouver une solution.

Plic ploc
Il a plu? Je crois, oui.

La solution est la suivante : je fixe le rayon cassé avec un collier rilsan, pour qu'il arrête de ballotter. Mais même en desserrant les rayons voisins, le pneu frotte contre la fourche. Mais s'il frotte c'est aussi parce qu'il est gros, j'avais choisi des Schwalbe Marathon de section 28. Bon bref, le pneu est trop gros il frotte parce que la roue est voilée. Mais j'ai un pneu de rechange - fourni par mon oncle la veille - et qui lui, est de petite section. Alors pour la N-ième fois du week-end je démonte un pneu, remplace par un autre et hop! Roule ma poule ça frotte plus.

Je jette le vieux pneu à tringles rigides, pas la place de l'emporter, dommage il était en bon état.

Mystère
Un grand con se cache sur cette photo. Aide tes amis à le retrouver.

Je continue donc, et rentre laborieusement à la maison. Je passe de jour dans certains coins qu'à l'aller, je n'ai vu que de nuit. Montmirail, le saviez-vous, c'est pas *Mont*mirail pour rien, ça monte. Du côté du Mans, je suis surpris - même si je m'en doutais - du boucan que peut faire un circuit automobile.

Et dans la plaine beauceronne du côté de Chartres, je suis, là c'est certain, mort de fatigue. J'ai des valises à la place des paupières, je somnole sur mon guidon. Du coup je m'arrête de temps en temps dans les champs, sur le bas-côté. Et là, une voiture s'arrête et me réveille pour savoir si je vais bien. C'est vrai que de loin, je ressemble à s'y méprendre à un cycliste qui vient de se faire percuter et/ou d'avoir un malaise en route. Je remercie ces charmants automobilistes attentionnés et me promet, la prochaine fois, de roupiller à l'abri des regards.

Bon, et puis par ce bel après-midi, enfin, croyez-y si vous le voulez, j'atteins Argenteuil, ouf, je suis chez moi.

J'ai juste le temps de réserver une petite table au couscous en bas de ma rue. Il est bientôt 21h00. Je prends une douche et me pointe au resto - à 50 mètres de chez moi - et engloutis un repas compte-double, avec 2 fois plus de semoule et 2 fois plus de viande et 2 fois plus de tout.

Ce soir je vais bien dormir. Heureusement, parce que demain, je bosse! Une fois de plus cette flèche ne m'aura pas déçu, l'aventure était au rendez-vous, je termine avec un gros kilométrage au compteur, plus proche des 900 bornes que des 800. 50 heures de vélo dans le week-end. Sans prendre de jours de congés, je crois que ce n'est pas très loin du maximum possible.

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Mis à jour le lundi 28 mai 2018.