La marche pour les nuls, 1er acte

15 mars 2013

Bon, alors, je vous explique. Pour les 6 jours du Luc j'ai pensé qu'il serait bon de progresser un peu à la marche. Pour progresser, je ne connais fondamentalement qu'une seule technique qui fonctionne, et elle repose sur la règle des "3 P". La Pratique. La Pratique. La Pratique. Voilà, c'est dit, donc mon idée ça a été de prendre un billet de train "aller simple" pour Dieppe, et revenir chez moi... à pied. En marchant. Sans courir. Ce trajet je le connais bien, c'est une flèche cyclotouriste (sauf qu'une flèche se fait, en général, dans le sens Paris-Province) que j'ai déjà faite plusieurs fois, par exemple en tandem .

Zzzzzzzz

Après avoir longuement observé tous les provinciaux qui reviennent de bosser sur Paris jusque dans une campagne que je trouve, ma foi, fort reculée (sans rire, je ne comprends pas comment on peut supporter autant de transport...) je descends de mon train et me retrouve comme deux ronds de flan, tout seul, en gare de Dieppe, sans billet retour, la nuit. Encore une idée géniale signée Christian, un instant je me dis que je suis à moitié débile et puis, l'habitude aidant, je me mets en route. Dès le début je sens que la route sera longue. Il est 21h00 passée, il fait nuit noire et rapidement je me retrouve sur cette fameuse "voie verte" d'habitude fort sympathique, mais là, sous le coup de 23 heures, elle est juste interminable. Des grands bouts droits qui en vélo paraissent presque courts, mais à pied, en marchant, c'est long, c'est long, bon sang que c'est long. Heureusement, la neige est - à nouveau, après Paris-Mantes et la Sainté-Lyon - au rendez-vous, elle est en train de fondre mais il en reste de bonnes quantités. Les grosses congères qui barrent parfois la route sont remède qui coupe la monotonie de cette interminable voie ferrée réhabilitée. Des dizaines de kilomètres. Des heures. Une vraie purge. Après, faut pas s'étonner si en course certains pensent que j'ai un "bon mental". D'autant que je suis seul, déséspérément seul, il n'y a pas un rat ici. Ce genre d'expérience est particulièrement formateur (ou formatrice, l'adjectif se rapporte-t-il à genre ou à expérience?).

La longue route

Je ne suis pas fâché de quitter ce secteur et d'aborder la "vraie route". Les villages défilent très doucement, j'estime que je vais 3 à 5 fois moins vite qu'en vélo. J'essaye d'optimiser, d'améliorer ma façon de marcher mais je sens qu'avec la fatigue ma démarche vire au grand n'importe quoi.

Petit point sur le planning : oups, à ce train là, je suis rendu à... 4 heures du matin le dimanche, voire davantage. Peut-être 8 heures. Ça dépendra de ma forme. Je pèse le pour et le contre. J'ai déjà bien donné. En poussant jusqu'à Gisors j'aurai minimum 100 bornes au compteur, et je peux être chez moi pour le dîner, dormir comme un bon bourgeois bien rangé jusqu'au dimanche matin et passer un dimanche en famille "normal". En continuant au bout je vais zapper ma nuit, me retrouver complètement défoncé tout le dimanche, ramer pour recoller les morceaux. Il y a un temps pour l'entraînement, un temps pour la famille. Je ne suis pas certain que 170 km soient absolument indispensables. Je ne suis pas certain non plus de ne pas être en train de me chercher de vilaines excuses pour lâcher le morceau. Si j'avais été plus rapide... Mais je ne le suis pas.

Court-circuit

C'est décidé, en milieu d'après midi, je coupe les gaz et prends donc le train à Gisors. Il s'arrête à Argenteuil (c'est un traquenard, trop facile, ce train!) et m'amène donc au pas de chez moi. D'ailleurs, maintenant, il pleut. Saleté d'hiver qui n'en finit pas.

Essai tout de même concluant, je tenais absolument à avoir une bonne sortie solo "à la marche uniquement" avant le 6 jours. Je pense que c'est utile. On verra bien, les dés sont jetés.

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Mis à jour le mardi 13 août 2013.