CR Marathon de Sénart

Bon, ayant moyennement réussi mon marathon à Paris 3 semaines avant j'ai jeté mon dévolu sur le Marathon de Sénart qui a lieu, traditionnellement, le 1er mai.

Objectif secret : arracher ces p*tains de moins de 3h. Bon, en réalité je vois vite pendant les semaines entre les deux épreuves que c'est mort définitivement mort pour ce printemps 2017. Toutefois j'ai un plan B : je vais me servir de ce marathon comme d'une sortie longue à l'entraînement. Avantage, il y a des ravitos donc niveau logistique c'est calé, et des concurrents donc niveau motivation c'est plus facile, on est bien entouré.

Et comme je suis gourmand, je vais au départ à pied. J'ai récemment déménagé mais j'habite toujours Argenteuil. Regardez sur Google Maps mais Argenteuil - Tigery c'est pas la porte à côté compter 44 gros ou 45 petits kilomètres.

Le trône
Je n'ai pas de photo de la course donc en échange je vous propose cette magnifique photo de mes toilettes, dans le charmant pavillon où je viens de déménager. Livré comme ça, d'origine, sans notice. Royal.

Or donc, réveil à 2 heures du matin, qui pique un peu car la nuit d'avant j'étais de mariage et c'est Valérie qui conduisait, donc, hum, la nuit a été un peu "chargée". Enfin bref, réveil difficile donc, je me prépare tranquillement, finis le paquet de pains suédois que je tartine avec du bon beurre salé et plein de confiture. Miam. Un gros café, un petit sac-à-dos pour mettre une poche à eau et ranger un vêtement de pluie au cas, et c'est parti mon canard. Je décolle à 3h30.

Je traverse donc Paris entre 4h30 et 5h30 du matin, il est cinq heures, Paris s'éveille. J'ai pas vérifié si on tranchait le lard à La Villette ni si les boulangers faisaient des bâtards, toutefois, je croise un certain nombre de fêtards égarés, qui auront toute la journée du 1er Mai pour cuver en paix.

Niveau forme, ça va plutôt bien. Cela fait très longtemps que je n'ai pas fait d'ultra (depuis les 6 jours de France en vérité) et je ne sais pas trop comment la machine va réagir. Vaudrait mieux pour moi que ça tourne, parce que dans 4 semaines, c'est l'Ultrathétic Ardèche et ça va pas être coton. Mais bon, là, semble-t-il, c'est bon. Je tourne à 9 km/h de moyenne, ce qui, en ville, avec l'obligation de vérifier la route sur le GPS en continu, n'est pas si mal.

Petite pluie après la Gare de Lyon. Je prends 5 minutes pour enfiler une veste étanche. Inutile en vérité, c'était juste un petit crachin qui s'arrête 5 minutes après. Je la conserve quand même car il y a du vent, fait pas si chaud, et puis c'est pas un défilé de mode, je vais pas me changer toutes les 20 minutes.

Je traverse le carrefour Pompadour, Villeneuve St-George. Bon, les locaux, vous m'en voulez pas hein, mais quand même, le coin est cradingue. Je veux dire, vers chez moi, à Argenteuil c'est pas non plus incroyablement romantique, encore qu'à une époque pas si lointaine ça a été peint et repeint par des impressionnistes, mais là, honnêtement, entre les voies ferrées à droite et les maisons noircies par la pollution à gauche, c'est franchement pas un haut lieu du tourisme. Je butte même sur un bout de ferraille de 50 cm de long qui traîne sur la piste cyclable et me ruine le tibia gauche. Rien de très méchant heureusement. J'aurais pas aimé me le prendre en vélo celui-là, soleil garanti.

Et puis voilà, j'arrive enfin bientôt, petite traversée de la Forêt de Sénart, que le marathon, curieusement, emprunte à peine. J'y apprends en lisant un panneau qu'il faut faire gaffe aux tiques dans ce secteur. Bigre, je n'ai certainement pas envie d'attraper la maladie de Lyme m'enfin bon, avec ma casquette et ma veste aujourd'hui je ne risque pas grand chose, j'ai une armure.

Et enfin, après environ 5 heures de route, j'y suis, au départ du marathon. Le GPS affiche 45 km, la trace OpenRunner en prévoyait 44 et des brouettes, la vérité doit être quelque part au milieu. Je croise Fred Pettaros sur la ligne de départ. Pang ! C'est parti. Je me cale derrière le meneur d'allure 4h, qui a de superbes moustaches. Je rame un peu pour le rattraper, les 40 minutes d'arrêt m'ont un peu raidi. Je double Francine, des 6 jours, et puis à un moment je me dis que le rythme 4h, c'est bien, mais je peux appuyer un peu plus. Je pars en chasse du 3h45.

Assez rapidement, le mini bouchon du départ se résorbe, on va dire qu'à partir du km 5, c'est vraiment bien dégagé, il n'y a plus de problème de foule du tout. 700 personnes au départ, un truc du genre. C'est sûr que c'est plus pratique que les 40 000 ou 50 000 du Marathon de Paris. Et finalement très sympa, taille beaucoup plus humaine.

Je perds pas mal de temps aux ravitos du 5, 10 et 15 car je dois faire le plein à chaque fois (j'ai bientôt 60 bornes dans les pattes...) alors que les autres prennent juste un verre d'eau. Il y a du vent, mais il ne pleut pas. À un moment, aux alentours du 15, le parcours fait demi-tour. J'essaye de mesurer mon avance avec le meneur 3h45, qui est désormais derrière. Bon, je ne le vois pas, il est dans la boucle du demi-tour. Donc pas loin derrière. Mais c'est logique, je ne vais pas à 12 km/h non plus, peut-être à peine au-dessus de 11, et je n'ai pas envie de me mettre la misère non plus.

25ème. Tout baigne. On aurait presque chaud, parfois, avec le vent dans le dos et un rayon de soleil. Mais le parcours repars sur la gauche, plein vent latéral, parfois 3/4 face, et ceux qui fatiguent payent le prix fort. Pour moi ça va. Je me méfie toutefois car j'arrive aux alentours, formellement, du fatidique 70ème kilomètre, réputé chez les cent-bornards pour être piégeux. Mais, comme l'homme qui tombe du 40ème étage et arrive au 3ème, je me dis que jusqu'ici, tout va bien.

35. Là, c'est triste, mais un bon 10% des concurrents "en chient des bulles carrées". Bon, ils arriveront au bout, mais ça va être dur. Je commence à avoir chaud mais comme c'est bientôt la fin, on s'en fout. Au 39ème environ, je sympathise avec un coureur qui, comme moi, a fait Paris la semaine dernière et fait sa "récup'" ici. Il avance bien, du coup. J'en profite donc pour rendre ces quelques derniers kilos agréables, et la descente finale dont on m'avait dit des horreurs n'est pas si horrible que ça.

Au final, je rentre en 03:37:44. Et je suis passé au semi en 01:48:57. Métronomique. Et, formellement un "negative split". Bon, loin de mon temps optimal "quand je suis frais au départ", mais pas mécontent non plus. J'ai un peu mal aux genoux, mais rien de fracassant non plus, on va dire que c'est la mécanique qui se rode en début de saison.

En rejoignant la gare, je croise un coureur gelé qui n'a pas utilisé de sac de consigne. Je lui prête ma veste de pluie, le pauvre aurait chopé la crève en moins de 3 minutes sinon. Et dans le train sur le retour je sympathise avec un coureur qui a arrêté de courir pendant 15 ans... pour repartir la soixantaine passée. Y'a pas d'âge pour courir mon brave monsieur.

Souvenir donc fortement positif de ce Marathon de Sénart, bien organisé, sans bavures, j'ai été agréablement surpris par le public qui dans certaines agglomérations était vraiment très dynamique et sympa. Après niveau paysage, c'est sûr, faut aimer la Seine et Marne et les grands plats venteux, mais franchement, c'est une bonne adresse. J'y retournerai avec plaisir.

PS: je note donc dans mon carnet d'entraînement deux sorties, une à 45 bornes pour 5 heures, une autre à 42 km pour 3h38. Niveau moyenne kilométrique quotidienne, pour le mois de Mai, je suis au taquet à 87 km par jour. Pour l'instant. Ça devrait vite baisser.

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Mis à jour le lundi 01 mai 2017.