CR 100km de Steenwerck

Jeudi 30 mai 2019

Ah, les 100km de Steenwerck ... J'y étais déjà allé en 2018 avec des collègues en mode plutôt cool, marche, 24h tout ça tout ça. Cette année je me suis inscrit sur le 100 bornes "course" dite "la course du matin".

Ballade champêtre
Suis venu en train, mais pour aller à l'hôtel, faut marcher un peu. Très sympa.

J'arrive toutefois la veille, et je vois donc les collègues partir, eux vont faire la course de 24h. J'ai eu un bol monstre, en sortant de la gare je tombe sur un bénévole de l'organisation qui... nous emmène en voiture jusqu'à la course ! C'est royal. Bon bref, je les regarde partir, et puis je marche direction mon hôtel, qui est à quelques kilomètres de là. Le trajet dans la campagne est très sympa. Très plat aussi, mais assez champêtre, ça passe par un petit chemin le long d'un cours d'eau, le soleil commence à se coucher, magique. Je trouve un restaurant en centre-ville et me réconforte avec un hamburger au Maroilles, vous m'en direz des nouvelles. Sur ce retour à l'hôtel, où je dors en attendant Lise et Valérie.

Avant l'effort, le réconfort
Miam. Un burger au Maroilles. Le pied.

Valérie, mon épouse, va être bénévole sur la course. Ma fille, Lise, 14 ans au moment des faits, va m'accompagner à vélo. Oui Madame, 100 km de vélo. Bon elle n'en est pas son coup d'essai on a fait un petit BRM 200 en tandem tous les deux l'année dernière. Mais là ce sera différent, c'est elle qui gère, et moi qui fait l'assisté. Je pars léger, en short t-shirt, la météo a l'air plutôt bonne. Sur la ligne de départ, Béa, qui était aux 6 jours juste avant et avec qui on avait bien rigolé. On discute un peu et puis... wooof, je décide d'accélérer.

Fin prêt
Un 6 jours, ça laisse des traces. Photo prise avant le départ.

Alors quand on dit accélérer, tout est relatif. Disons que je passe de 10 km/h à peut-être 10.5, voire 11, soyons fous. En fait j'en sais trop rien, je n'ai quasiment pas couru depuis les 6 jours, on va bien voir ce qui se passe.

Et ça se passe plutôt bien.

En revanche je suis déçu par l'ambiance. Le peloton est très étiré, le notre, celui de la course du matin, est peu nombreux. Et les coureurs de la course de nuit, le 24h, sont complètement répartis sur le circuit donc de temps en temps on croise un paquet de 5 ou 6, mais c'est tout. Je préfère l'ambiance du départ nocturne, c'est bien plus sympa !

Je crois que j'ai commencé à m'apercevoir que ça n'allait pas être facile aux alentours du kilomètres 40 ou 45. Bon, ce n'est pas une surprise. Je garde toutefois l'espoir de tomber les moins de 10h, par coquetterie.

Et surtout, à chaque passage au gymnase, et sur le circuit à chaque instant, je cherche mes collègues. Soyons logique, ça fait 5 ou 6 heures que je suis parti, le parcours fait 31 km en cumulant les deux boucles principales, ils font vraisemblablement du 5 km/h de moyenne, je tourne à 10 km/h. Normalement, je dois les croiser au moins une fois, c'est mathématiquement inévitable. Mais rien.

Bon tant pis, à ce stade je suis trop fatigué pour vraiment gérer la course des autres. Kilomètre 70, ça commence à coinçouiller, mais encore une fois, tout ça était prévu. J'ai bien vu Albert Vallée me doubler un peu au début de la course, avant le 30ème. Je sais que je ne le reverrai pas, il est d'une régularité incroyable. Il m'a déjà fait le coup aux 100kmn de Cléder en 2017 .

À ce stade j'ai chaud, je commence à faiblir et c'est là que... TADAAAA ! mon accompagnatrice improvise. Elle prend de l'avance sur le vélo, se poste à 30 mètres devant, et m'attend avec un bidon. "Papa, tu as soif, tu veux boire ?". En fait oui j'ai soif. Mais évidemment je n'avais rien dit, fatigué, j'ai oublier de demander à boire. Elle a géré, grâce à elle j'ai évité le naufrage.

Et puis voilà, la course se termine. Arrivé aux alentours du 90 ou 95ème je perds une ultime place, un coureur revenu de l'arrière, qui doit essayer de viser les 10h00 je pense. J'essaye d'accrocher mais c'est pas possible, ma foulée est bloquée vers les 9 km/h, je n'arrive pas à monter au-dessus. Ceci étant j'ai bien fait le pacman sur les 20 derniers kilomètres, j'ai du en reprendre 3 ou 4, qui n'avaient manifestement pas tant d'expérience que cela car plus d'un pensait "oh, moins de 10h ça devrait passer". Non mec, pour ne pas ralentir sur les 20 derniers kilos d'un 100 bornes, faut pas être dans l'état d'esprit "ça va passer". Faut y aller le couteau entre les dents, t'as pas le choix.

Valérie est là au dernier point de contrôle sur le pont avant l'arrivée. Je termine fourbu mais content, au-delà des 10h00, que je manque de quelques minutes, mais c'est pas grave.

Et pour mes collègues, j'ai le fin mot de l'histoire : en gros, blessures, abandons, bref, 100 bornes quoi.

C'est une très belle course Steenwerck, mais je trouve qu'au mental, avec ses multiples "petits" tours et ses innombrables passages au gymnase, elle est redoutable. C'est super dur de résister aux sirènes de l'abandon.

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Mis à jour le vendredi 04 septembre 2020.