23 mai 2026
L'année prochaine, c'est Paris-Brest-Paris. Or donc, en général pour s'inscrire, c'est mieux d'avoir un petit brevet, l'année d'avant, dans la poche. Pas obligatoire mais c'est mieux. Et donc, en 2027 je veux être de la fête donc j'ai choisi de faire un 600km à Chartres.
Il y avait 2 options, une fastoche, sans beaucoup de dénivelé, qui allait donc "aux portes du Morvan" et une autre qui se tapait tout l'Orne et son magnifique dénivelé. Alors, l'Orne, j'aime beaucoup, d'ailleurs je suis en train d'y migrer doucement, et je passe de plus en plus de temps à La Madeleine-Bouvet. Mais bon bref je connais le coin, je comprends bien que ça va pas être facile et surtout, en ce moment je ne roule pas du tout. Du tout. Quelques trajets en cargo pour aller faire de la fanfare mais c'est tout. Pour tout dire, j'ai carrément sorti mon vélo de sa housse pour l'occasion, il était resté dedans depuis ma participation à la RAAM en 2022.

Je ne pars pas seul, car j'ai réussi à motiver un bon ami avec qui je fais de la musique. Pour ne pas dévoiler son identité, nous l'appellerons "Mimile". Mimile n'a jamais fait de brevet, donc là c'est son premier, il entame par un 600, mais ça va bien se passer, il roule régulièrement, je ne suis pas inquiet.
Valérie nous emmène en voiture au départ. On arrive juste au moment où tout le monde part... Donc on partira derrière le peloton. Une grosse trentaine de personnes, de ce que je vois. Pas grave.
Discussion sympathique avec les organisateurs au départ, on mange un bout de gâteau, on boit un café, et on se met en route !

La météo annonce : chaud ! Au moment où j'écris ces lignes on en est déjà à notre 3ème canicule de l'été, et ce n'est peut-être pas fini... Mais à cette époque on est encore à Pascal Praud qui braille que c'est normal, c'est l'été (bon c'est faux on est au mois de mai...) et que 30 °C c'est pas grave. Je ne sais pas trop quoi faire avec la team "oui mais en 1976". On a envie de les passer par la fenêtre mais ça ne servirait pas à grand chose. Il pourrait faire 60 °C, ils nous expliqueraient encore qu'il ne faut pas paniquer. En revanche sur l'immigration et le danger des "autres" là on les entend, pas de problème, il faut être inquiet. C'est désespérant...
Mais revenons au vélo.
Je suis ravi de constater que mon biclo, sorti de sa housse, roule comme une horloge. Une merveille.
Et donc on arrive aux premiers points de contrôle. Alors il y a une app pour "pointer" en ligne. Mais je préfère de loin pointer "à l'ancienne", avec le carton.
Premier contrôle donc à Vallery. KM 133. On cherche un commerce. Il y en avait juste à ma droite mais je ne l'ai pas vu... Je jardine un peu dans le patelin. Puis finalement on revient sur nos pas, et donc on pointe au tabac "Le beau soleil" (très bien nommé). Le patron nous sert une petite limonade maison, un régal. J'avais demandé un Schweppes agrumes, mais là ce qu'il nous sert, c'est délicieux. On fait le plein des bidons, et on repart.
On a réussi à rencontrer quelques copains en route, qu'on a rattrapés. Je discute. J'apprends qu'un de nos compagnons de route fabrique des machines utilisées dans des silos à grains. C'est passionnant. A priori un des problèmes technologiques qu'ils doivent résoudre, c'est le risque d'explosion et/ou d'incendie. Car en effet, l'atmosphère dans un silo est pleine de vapeurs et gaz qui ne demandent qu'à faire boum à la moindre étincelle, et des étincelles, quand on a des machines avec du métal de partout, c'est vite arrivé.
Bon et puis finalement on les laisse derrière, après un arrêt boulangerie-sandwich improvisé.
Sur ces entrefaits, contrôle suivant, Migennes KM 190. Il y a une espèce de foire là-bas, plein de monde, c'est samedi, c'est la fête. On trouve un café, on remplit les bidons, mais manque de bol, n'ont pas de tampon. Du coup on se retrouve à tamponner à un cinéma associatif. Très sympa.
Et en route maintenant pour Vézelay, KM 267. On va y arriver en fin de soirée. On a faim. Je suggère à Mimile de réserver un resto, je ne sais pas trop s'il y aura de la place, j'espère, mais on n'est jamais trop prudent. On réserve.
Et là on croise un type qui a un souci : il fait le 600 comme nous mais son GPS n'a plus de piles. Mimile lui propose son chargeur. Il nous le rendra à Vézelay. Problème, le type n'avance pas... Et nous on a envie de pas arriver trop tard, pour manger, etc. On coupe la poire en deux, Mimile part devant, moi j'accompagne notre camarade jusqu'à Vézelay, là il me rendra le chargeur.
Mimile file comme l'éclair donc. Et moi je reste derrière. Grosse frustration en arrivant dans un grand plat avant la montée finale. J'aurais pu rouler à 35 km/h et le vélo, les roues carbones, ne demandent que ça. Mais on plafonne à 20 ou 25, notre compagnon est cuit. Dans la montée finale (oui, Vézelay, c'est en haut de la colline...) il marchera, et je reconnais que ça montait raide. Je récupère le chargeur, il part dormir et se reposer, et moi je rejoins Mimile au resto.
On se retrouve donc à Cuisine à vue où ma foi on mange très bien, c'est gastronomique, je ne m'attendais pas à ça, mais ça fait formidablement bien le boulot. Et on s'aperçoit que y'avait pas vraiment besoin de réserver, il y a 3 brasseries au mètre carré dans le village.

On se remet en marche, direction la nuit.
Prochain contrôle pas très loin, au KM 293. Là on tombe dans un bar qui accueille les fêtards du coin. La zone bleue. Il fait nuit, ils ont une collection de rhums arrangés et autres boissons qui en temps normal m'auraient fait envie... Mais jamais pendant le service, soyons sérieux !
On roule donc direction Nevers, prochain contrôle au KM 367. En arrivant sur Nevers, j'avise un distributeur automatique de pizzas. Ni une ni deux, on s'arrête. Et on commande des pizzas à la machine. Mimile commence à avoir sommeil. Je lui propose une micro-sieste pendant que la pizza "cuit" dans la machine. Sur ce, des petits jeunes arrivent. On discute. Ils n'ont pas de carte bleue, je leur commande les pizzas ils me remboursent en liquide. On cause. On leur explique ce qu'on fait. Je leur demande s'ils savent où il pourrait y avoir moyen d'acheter/trouver à boire. Ils m'indiquent une épicerie en centre-ville. Très bon contact, mais bon bref nous on a de la route à faire.

Et finalement on trouve l'épicerie. Je pense qu'on l'aurait trouvée sans l'aide des petits jeunes, le parcours passe devant. Et donc "L'épicerie du petit bled" (c'est son nom) est bien ouverte. Devant, une vingtaine de personnes en train de discuter. Le patron ouvre la grille pour nous. J'achète de l'eau, des cannettes de soda, je fais le grand plein. Et on part consommer ça un peu plus loin, ici ça manque de calme.
Et donc voilà, en route pour le CP suivant.
Problème, Mimile fatigue, il tombe de sommeil. J'essaye d'aviser un endroit pour dormir et jette mon dévolu sur une station de lavage. Le sol est propre et sec (béton) on est à peu près à l'abri des regards, c'est parfait ! On dort quelques dizaines de minutes, et c'est reparti.
Perso, j'aurais pu tirer tout droit, je n'avais pas spécialement sommeil, mais ce petit somme ne m'a pas fait de mal non plus.
Au lever du jour, on se fait rattraper par tout un tas de participants qui roulent bien plus vite que nous mais qui ont beaucoup dormi, en tous cas plus que nous. Je fais le point sur nos temps de passage, à mon avis on rentre en 35 ou 36h, mais pas beaucoup moins.
La chaleur, qui fait son grand retour ce matin, a fait du dégât.
Dernier contrôle au km 455, à Aubigny-sur-Nère. Et maintenant reste à se coller 150 bornes. En plein cagnard. Avec pas un poil d'ombre (la Beauce, le Kansas français...) et peu de compagnie.
J'avoue avoir lâchement laissé Mimile faire le boulot, je me mets dans sa roue et attends que ça passe. J'avance pas. Le manque d'entraînement, c'est fatal. Je peux rentrer un 600, mais pas un 600 "vite". Mais c'est pas grave, on arrive finalement à destination, avec de jolies couleurs, on a bien bronzé, on a validé notre 600, un joli carton jaune tamponné comme il faut, tout est bien qui finit bien.
Les brevets cyclo, c'est bon, mangez-en !