3ème partie

Comment faire mieux ?

Après m’être étalée sur les principales missions d’un accompagnateur et les moyens de les mener à bien, j’aimerais vous proposer des moyens de les mener à encore mieux. Puisque c’est possible, pourquoi s’en priver ? Allez, imaginez un instant le visage de votre coureur à l’arrivée. OK, et maintenant, sa tête s’il franchit l’arrivée un peu plus tôt encore. Et encore un peu plus tôt (*). Vous voyez que ça vaut le coup de lire cette partie.

(*) pour une course horaire, on peut remplacer « un peu plus tôt » par « un peu plus loin »

Préparer la course

Le coureur s’est préparé. Il s’entraine depuis de nombreuses semaines. Il a réservé les moyens de transport, préparé ses sacs, étudié les cartes. Sans en faire autant, il peut être intéressant que l’accompagnateur ne débarque pas les mains dans les poches le jour du départ.

  • L’accompagnateur doit penser à se préparer physiquement. Si la course est longue, il aura pensé à se reposer avant, pour être frais et dispo. S’il accompagne à vélo, il serait de bon ton d’avoir un minimum d’entraînement. Vraiment un minimum ! Surtout s’il s’agit d’un 100 km plat, si le coureur n’est pas trop rapide. Il suffit de pouvoir pédaler quelques kilomètres sans s’essouffler et d’avoir les fesses suffisamment tannées pour les laisser toute la durée de la course sur un selle. Mais si la course est plus longue, s’il y a des côtes, il risque de falloir un peu plus d’entraînement. Attention, en côté un coureur peut aller plus vite qu’un cycliste ! Ce serait pourtant dommage de laisser son coureur se débrouiller seul dès que ça monte.
  • S’il y a des côtes à vélo… donc il faut connaître l’itinéraire. Si vous suivez la course à vélo, il faut anticiper les distances, les côtes, pour y être préparé physiquement. Et si vous rejoignez un coureur à différents postes de ravitaillement, il faut trouver soi-même l’itinéraire entre ces points, leur localisation précise. Pour cela, vous avez le road-book de la course, mais il faut aussi des cartes routières de la région, sur lesquelles on a reporté les points de rencontre. Il vaut mieux avoir estimé la durée du trajets entre deux points, pour vous et pour votre coureur. Bref, mieux vaut ne pas faire l’expérience du ratissage de routes communales dans la zone du rendez-vous. Croyez-moi, c’est stressant. J’ai déjà regretté de ne pas avoir suivi ce conseil.
  • Le coureur a préparé son matériel. Pensez à préparer le vôtre. Voici une liste d’affaires dont vous pourriez avoir grand besoin, suivant le type de course : des vêtements chauds, entre autres deux paires de chaussettes à superposer, un vêtement de pluie qui fait également coupe-vent, un duvet, de l’eau pour vous et de la nourriture que vous aimez, des livres ou autres loisirs, de l’argent liquide, votre montre, un réveil à piles qui sonne fort, des cartes routières, un GPS, un appareil photo, un réchaud et des gamelles, deux fourchettes (personnellement, j’aime bien m’acheter un vrai truc qui se mange dans une assiette de temps en temps), le matériel de premier secours pour votre véhicule, vélo ou voiture, si vous en avez besoin sur la course (chambres à air pour le vélo, ampoules pour la voiture…) Pour la petite anecdote, au Spartathlon, les accompagnateurs des Japonais avaient des cuiseurs à riz transportables et faisaient cuire du riz en attendant leurs coureurs. Ils y avaient pensé.
  • Pensez aussi à vérifier votre vélo avant la course, si vous suivez à vélo un coureur. Ça ferait mauvais genre de découvrir que les freins sont déréglés dès les premiers kilomètres.
  • Enfin, mais j’aurais peut-être dû commencer par cela, sachez ce que l’organisation de la course prévoit. Plus vous aurez une idée précise de ce que le coureur aura à sa disposition sans avoir besoin de le demander, plus vous pourrez être pertinent dans ce que vous lui offrirez. Cette remarque s’applique d’ailleurs aussi pendant la course. Soyez curieux. Si quelqu’un a une assiette de purée alors qu’il n’y en a pas sur la table de ravitaillement, c’est peut-être que les bénévoles en préparent à la demande. Au Mexique, au décaironman de Monterrey, j’ai fait des miracles grâce à un petit truc : je sais parler espagnol, alors je demandais toutes sortes de choses aux cuisinières qui s’occupaient du ravitaillement. Je savais toujours à l’avance quel délice elles allaient cuisiner, à quelle heure. Et je leur demandais aussi des extras. C’est mon poulain qui était gagnant.

Partager les motivations

Il n’y a pas à dire, un long briefing coureur-accompagnateur, c’est bénéfique. Plus les deux sont en phase sur les motivations du coureur, plus ils vont pouvoir se partager l’objectif principal comme les objectifs secondaires. Si l’objectif du coureur est avant tout de faire une performance, mais de toute façon de finir en faisant son maximum, l’accompagnateur doit être présent et actif même si la performance n’est plus au rendez-vous. Un accompagnateur resté fixé sur l’objectif numéro 1, et qui baisse les bras quand le coureur s’est finalement rabattu sur son objectif numéro 2, est un demi-accompagnateur.

On peut être un ‘’un-peu-plus qu’un’’ accompagnateur aussi, si on trouve l’objectif de son coureur pas passez ambitieux. Mais attention, dans ce cas. Il faut y aller subtilement, de peur d’effrayer le coureur. Et alors, ça peut marcher.

Avant, mais aussi pendant

Si une bonne communication d’avant course, sur les motivations comme sur le plan de course, est utile, il ne faut pas oublier la communication pendant la course. Je sais bien qu’un coureur fatigué grommelle. Je sais bien que l’accompagnateur doit savoir prendre de lui-même le coup d’avance qui lui permet de proposer le Juste-ce-qu’il-faut au Juste-bon-moment. Mais pour obtenir le maximum de son accompagnateur, le coureur doit quand même, et c’est la seule occasion pour laquelle je ne préconise pas 100% de l’énergie tirée vers la course, le coureur doit quand même demander. Et même demander légèrement à l’avance.

Un accompagnateur n’est jamais si efficace que quand il sait de façon sûre que c’est au prochain tour que le coureur voudra manger un « vrai repas » (j’en entends qui rient dans le fond…), que c’est au prochain poste de ravitaillement qu’il voudra sa lampe frontale, etc. La recette magique pour cela : transformer son grommellement en demande. C’est magique. Quand le coureur a demandé à l’avance, la foule des spectateurs autour est toujours époustouflée devant la pertinence de l’accompagnateur. Il a offert un bidon de Coca dilué au coureur ! Il lui a sorti un tube de crème anti-frottement et une paire de chaussettes neuves ! Plus fort encore : si le coureur soumet son problème, l’accompagnateur, qui est nettement moins fatigué et qui désire faire fonctionner son cerveau (enfin je veux dire, à autre chose qu’à faire des tris de maillots), l’accompagnateur, donc, peut même trouver une solution. C’est ce qui est arrivé au Déca-Ironman de Monterrey quand Christian m’a informé que la selle de son vélo était cassée. A son arrêt suivant, je l’ai rafistolée avec une paire de chaussettes, et si ce n’était pas parfait, son confort a été amélioré et la réparation a tenu jusqu’à la fin de la course.

Un accompagnateur, même très prévoyant, ne devine pas tout. Mais si son poulain l’aide un tout petit peu, il peut faire des miracles.

A heures fixes

Un autre truc qui peut faire des miracles en course, c’est de synchroniser nos montres. A vrai dire, sur une course suffisamment longue, on n’a pas besoin d’être en phase à la seconde près. Mais se donner des repères chronométriques précis peut fournir à tous un gain en efficacité notable.

Tout d’abord, je le disais juste avant, un coureur doit prévenir, un accompagnateur doit être prévoyant. On peut par exemple imaginer que le coureur prévoit de boire et grignoter tous les 5 km, ou bien tous les 3 tours. Il en a informé son accompagnateur, et c’est une bonne chose. Mais dans ce cas l’accompagnateur cherche toutes les indications kilométriques, compte les passages de son coureur… Pour une raison quelconque, s’il se déconcentre un instant, il ne sait plus mesurer précisément le moment où son coureur a besoin de lui. Il est pris au dépourvu. Tout le monde perd quelques minutes.

On peut donc aussi imaginer que le coureur prévoir de boire et grignoter non pas tous les 3 tours, mais toutes les demi-heures. Le repère horaire change tout. On en choisit des simples : deux fois par jour à 6h et 18h je ferai ceci, à toutes les heures paires je ferai cela, et chaque demi-heure je prendrai un bidon plein. La grande différence, c’est que même si l’accompagnateur se déconcentre, il peut se repositionner très rapidement, après un simple coup d’œil sur sa montre. Il peut aussi vaquer à quelques activités simples sans perturber la course de son poulain : il sait qu’il a 25 minutes pour aller faire son pipi, même si son coureur accélère, et il n’a pas besoin de garder un œil sur lui pour savoir quand il aura besoin de son prochain bout de pain d’épices.

Et puis, comme les montres sont synchronisées, l’accompagnateur peut également faire faux bond à son coureur ! Il existe un certain nombre de situations dans lesquelles cela peut être vraiment utile. Par exemple : vous avez un truc à acheter (il manque de la nourriture, une fourniture très utile a été oubliée…) Il est possible de minimiser l’impact de cette escapade sur la course de votre poulain. Tout d’abord, vous savez quand il va avoir besoin de vos services. Vous planifiez tout pour cette échéance, en prévoyant la durée de votre absence. Quand votre coureur passe, vous pouvez donc l’informer précisément.

Par exemple, s’il mange toutes les deux heures et prend un bidon plein toutes les demi-heures et que vous avez une course d’une bonne heure à effectuer. Vous l’attendez à 16h, avec un repas prêt. Vous avez également préparé 3 bidons d’avance. Et vous lui dites : « Je reviens avant 18h. D’ici-là, tes bidons sont prêts. » Bien entendu, vous attendez qu’il soit reparti sur le circuit (c’est qu’il ne faudrait pas qu’il traîne pour manger, sous prétexte qu’il n’y a personne pour lui filer un coup de pied au cul.) Puis, même en vous étant éloigné, vous savez exactement où vous en êtes de votre accompagnement. Un œil sur la montre, l’autre sur l’achat à effectuer, vous faites votre escapade. Vous êtes de retour avant 18h… il ne reste plus qu’à ranger tout le bazar qui s’est produit en votre absence : les restes du repas de 16h, 3 bidons vides, un maillot mouillé en vrac. Puis à préparer la pause de 18h.

Il peut aussi arriver que l’expédition soit un échec. Je devais trouver une pharmacie en moins de 3/4h, puisqu’il me faut rentrer. Et je n’en ai pas trouvé. A mon avis, il faut absolument être fidèle à son rendez-vous avez le coureur, tout en élaborant un plan B si nécessaire. Le coureur a absolument besoin de se reposer mentalement sur l’accompagnateur. S’il s’inquiète pour se dernier, il gaspille de l’énergie qui doit lui servir à avancer. Voici un exemple :

Lorsque Christian a fait le GRP Ile de France en rando-course, nous avions un certain nombre de points de rendez-vous, assez difficiles à trouver pour moi en voiture. Nous avions aussi nos téléphones portables. Par contre, j’avais oublié de recharger le mien. Téléphone à plat. Je suis allée au rendez-vous suivant, sans faute. Bien que je ne prévoie pas de rater le rendez-vous suivant, j’ai informé rapidement Christian de ma course. Je suis allée un chargeur de téléphone qui se branche sur l’allume cigare de la voiture. Malheureusement, l’allume cigare ne servant jamais chez nous, il était en panne et mon téléphone toujours à plat. Je suis donc allée au rendez-vous suivant quand même. Là, j’ai préparé un sac à Christian pour qu’il puisse se débrouiller deux portions de chemin. Quand Christian est arrivé, je l’ai informé que cette fois, je serais absente au rendez-vous suivant, et présente à celui d’après. J’ai fait ensuite l’aller-retour jusqu’à la maison pour recharger le téléphone et être à l’heure au rendez-vous suivant.

J’en profite pour en remettre une couche sur le plan de course avec un joli tableau. La course dont je viens de parler dans mon exemple est de type « avec points de rencontre ». Bien sûr dans ce cas le coureur ne peut pas prévoir que son accompagnateur l’aidera à heures fixes. Mais si le plan de course a été formalisé, l’accompagnateur peut quand même avoir un ordre d’idée des horaires qu’il doit respecter. A lui de prendre un peu de marge dessus. On a déjà vu un coureur aller nettement plus vite que son plan de course, et un accompagnateur arriver trop tard au rendez-vous.

Les états d’âme

Je viens de vous raconter l’anecdote. Mon téléphone était à plat, j’en ai fait part à mon coureur. En effet, je n’avais pas le choix. Il devait savoir que je n’étais pas joignable, mais que je serais présente au prochain rendez-vous. Mais si mon petit problème n’a pas d’impact direct sur mon coureur, surtout c’est motus. Etre au courant de problèmes secondaires, c’est se disperser, sortir de sa bulle et perdre de son efficacité en course. A l’accompagnateur de cacher les informations anxiogènes au coureur. Quelques exemples :

  • Sur les 100 km de Belvès, j’ai tordu un plateau de mon vélo. Il raclait le cadre et le sciait. J’ai estimé qu’il y avait peu de chances que mon vélo soit cassé en deux avant la fin de la course. Et puis si ça arrivait, eh bien j’aviserais. Quand j’ai rejoint Christian, j’ai simplement dit que j’avais déraillé. Puis j’ai pédalé 40 km par moitiés de tour de pédales, pour ne pas racler le cadre.
  • En triathlon au Mexique, le stand de ravitaillement a connu une rupture d’approvisionnement en gaz. Comprenant l’espagnol, j’ai su la situation rapidement. Presque toute la nourriture étant cuite, il y avait bientôt pénurie. J’ai pris de la nourriture chaude, tant qu’il y en avait. J’ai fait attention à notre stock personnel. Et Christian n’a été au courant de rien.
        

Quant aux états d’âme du coureur, on ne peut pas les ignorer aussi basiquement. Il faut prendre en compte tout ce qui peut l’être : proposer une micro-sieste si nécessaire, soigner une ampoule… Mais il ne faut pas non plus hésiter à minimiser ce qui peut l’être. Ce n’est pas du tout un conseil que je donnerais dans la vie courante, mais l’objectif ici c’est d’avancer. Alors si le coureur dit que c’est impossible qu’il y arrive, qu’il est complètement cuit, etc., le mieux est de ne pas le laisser se baigner dans ce marasme. Il n’a qu’un quart d’heure de retard sur son plan de course, il a doublé X et d’ailleurs Y fait des longues pauses, il n’en mène pas large, etc. Et sans mentir, il est souvent possible de montrer les informations sous l’angle le plus favorable. « Il ne reste plus qu’une côte » est plus encourageant que « Encore 1300 m de dénivelée positive » (d’autant plus que mon coureur fétiche à moi n’aime pas que j’utilise le mot dénivelée au féminin.)

Avec empathie

Si les états d’âme ne doivent pas être (trop) partagés, il faut quand même pas mal d’empathie. Celle de l’accompagnateur, pour prévoir et anticiper les besoins de son coureur. Mais aussi celle du coureur, qui doit avoir déployé la sienne avant la course surtout. C’est par empathie que le coureur prévoit des pauses à heures fixes plutôt qu’à distances fixes : il sait qu’ainsi son accompagnateur pourra se distraire quelques instants de la course sans que son travail n’en souffre. C’est par empathie qu’il choisit un matériel de rechange simple. Par exemple, sur un triathlon, il peut envisager de n’emmener que des vêtements dans les tons rose et bleu pour le vélo (c’est la couleur de son club de triathlon) et des vêtements noir et blanc pour la course à pied. C’est plus simple pour l’accompagnateur, il est plus efficace. En course, on demande moins d’empathie au coureur. Toute son énergie doit être déployée à avancer. Mais tout de même… il ne m’est jamais arrivé, à moi, de me faire crier dessus par mon coureur, de me faire insulter. Mais je sais que c’est arrivé à d’autres. Mon avis est tellement évident : dans cette situation, aucune chance que l’accompagnateur fasse du bon boulot. Au mieux, il reste quand même présent. Mais je crois qu’il ferait mieux de laisser tomber et d’aller se détendre ailleurs. On peut bien sûr accepter qu’un coureur râle, grommelle, soit triste ou en colère (voir mon avis sur les états d’âme), mais il n’y a aucune raison de se faire manquer de respect. Heureusement, c’est très rare.

Penser à soi

C’est un concentré de dévouement à l’autre que j’ai écrit jusque-là. J’ai à peine mis un bémol à la fin. Mais c’est fini, ici, je vais vous donner un dernier truc pour améliorer la performance de votre coureur : l’égoïsme. Pourquoi ? Parce que si on prend du temps pour soi, on est plus disponible à l’autre, c’est connu. Et c’est possible.

Tout d’abord, il peut être agréable et sain de dormir, si la course est longue. De plus, si le coureur est totalement assommé de fatigue, une tête lucide, sur les épaules de son accompagnateur, peut lui être d’un certain secours. Qui trouve des solutions aux problèmes qui se posent ? Qui calcule les durées écoulées, les distances à parcourir ? Le plus reposé. Bref, je dors pour être plus efficace. Voici les règles que je respecte pour mon sommeil :

  • S’adapter au rythme du coureur. S’il fait une micro-sieste, il est indispensable de ne pas louper son sommeil. En général ce n’est pas un bon moment pour dormir. Mais s’il prévoit une pause de plus d’une heure, autant l’accompagner dans les bras de Morphée.
  • Choisir des horaires non sensibles. Si on doit s’absenter dans ses rêves pendant que notre coureur avance, il faut choisir son heure. Un horaire ne correspondant pas à ses arrêts les plus importants, ni à un changement majeur (tombée de la nuit), convient mieux. Il vaut mieux également éviter les heures de démotivation générale. Par exemple, si le coureur avance entre 2h et 5h du matin, il sera sans doute esseulé et fatigué. Il aura besoin de soutien. Le sommeil de l’accompagnateur devrait attendre le lever du jour.
  • Gérer sa phase de sommeil comme une course en ville. Les conseils que j’ai donnés pour l’escapade/achat sont valables : gérer le temps, anticiper, prévenir le coureur et revenir à l’heure.
  • Etre régulier, surtout sur une course longue. La régularité rythme la course, permet de s’accrocher à quelque chose de tangible. Le coureur sait, sur une course de plusieurs jours, qu’il y aura le lever du soleil, le petit déjeuner, le déjeuner… puis la sieste de son accompagnateur. Au décaironman de Monterrey, je dormais systématiquement de 18h à 19h30, puis la nuit, en même temps que Christian, de 2h à 4h du matin. Pourquoi cet horaire ? Parce qu’il ne faisait plus trop chaud, et pas encore nuit, Christian n’avait besoin de rien de spécial. La plupart des coureurs comme des accompagnateurs étaient sur le pont, je n’avais pas de souci à me faire pour lui. Et j’étais prête pour la période de nuit. Je me réveillais juste pour aller lui chercher son « dîner », la nuit tombait. J’étais d’attaque. Je ne tombais pas de sommeil avant lui, pour notre pause nocturne.

Il vaut mieux ne pas présumer de ses forces. Prévoir des phases de somme vaut mieux que tomber de sommeil au mauvais moment.

Pour rester concentré et motivé sur la course, jusqu’au bout, il est important aussi se faire plaisir. Accompagnateur, c’est beaucoup d’attente, de lenteur (ben oui, il faut bien vous l’avouer, coureurs, vous n’allez pas si vite que ça.) Moi j’aime bien lire. Sur un 100 km, je prends un livre dans ma besace, pour attendre mon coureur au kilomètre 5, pour patienter à l’arrivée. Sur les courses en boucle, je peux venir avec une mini-bibliothèque. Comme je ne m’ennuie pas, je prends plus de plaisir à aider mon coureur. Et comme je connais les horaires auxquels je dois l’aider, que j’ai rangé le stand, je n’ai pas besoin de compter ses tours ni d’anticiper son arrêt. Il me suffit de regarder ma montre et de lever les yeux de mon livre 3 minutes avant l’horaire prévu.

J’aime aussi bavarder. Un bord de course, c’est un endroit parfait pour faire connaissance avec de nombreuses personnes. Surtout des accompagnateurs, c’est vrai. C’est justement l’occasion de partager les expériences et de se soutenir, de se faire part des avancements relatifs des concurrents, et parfois plus.

Bref, il faut en profiter. Une course suffisamment longue, c’est presque un club de vacances. Si on y prend plaisir, on est plus efficace… et plus content du travail effectué.

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Mis à jour le mercredi 21 septembre 2011.