28/01/2018 - CR Paris-Mantes

Bon, alors ce fameux Paris-Mantes (qui, en vrai, est un Versailles-Mantes) je l'ai fait plusieurs fois. Pas tant que ça mais suffisamment pour que je ne me rappelle plus le détail.

Dans une préparation pour la RAAM ça ne sert pas forcément à grand chose, sinon qu'un week-end à marcher, c'est toujours plus efficace qu'un week-end dans son canapé.

En plus, cette année j'ai réussi à radiner quelques collègues de Datadog donc bon, ma foi, ça risque à être sympa. Valérie, Adèle et Lise (mon épouse et mes deux grandes filles) sont aussi de la fête, sur le Maule-Mantes. En tout, 7 personnes, soit le plein complet du Dacia Lodgy familial qui nous servira pour le retour, pas plus, pas moins.

Comme je suis un peu gourmand, je rejoins le départ à pied. En marchant. Le parcours officiel fait 54 bornes (ou 56?) bon bref, entre 50 et 60. Mais si on lui rajoute une petite vingtaine de km au départ, tout de suite ça devient plus intéressant. On tape donc (vous êtes forts en math) entre 70 et 80. La bonne ballade. Je pars de chez moi de nuit, doit être 19h30 je crois. Je compte être sur place à 23h00, ça fait 3h30 pour faire un peu moins de 20 bornes, pas de raison de se mettre le feu, faisable, mais faut marcher quand même.

C'est un trajet assez intéressant. Car on coupe toute la banlieue, en tranche. De chez moi, Argenteuil, c'est pas le coin le plus classe mais ça va à peu près. En arrivant du côté de Nanterre, le long de cette route qui longe l'A86, c'est... comment dire, un peu crapoteux. Moche. Pas bien fréquenté. Et puis on retourne dans des coins plus huppés. Entre Nanterre et Rueil Malmaison, il n'y a pas beaucoup de distance. Mais ce n'est pas la même faune qui habite ces deux villes. Le parcours emprunte quelques chemins boisés sur la fin, en gros dans St Cucufa. J'avais peur que ce soit gras, atrocement gras, mais finalement c'est raisonnable. J'ai connu pire. J'arrive au lieu du départ (château de Versailles) en temps et en heure, les collègues suivent peu de temps derrière, nous sommes fin prêts.

La fine épique
Mes collègues, qui vont découvrir les joies de la marche nocturne en banlieue.

Niveau météo, ça va. Fait un peu frais, la bruine menace, mais bon, on va bien s'en tirer, on évite les trombes d'eau, le grand vent, la glace. Juste une nuit d'hiver un peu humide comme il y en a tant d'autres, c'est cool. J'ai lourdement insisté pour que mes collègues prennent des affaires *chaudes* et ce juste qu'à radoter et en être pénible. Là, sur la ligne de départ, ça paraît débile. Surtout qu'ils sont tous beaux tous propres, bien secs. Moi qui ait déjà eu le temps de transpirer avec mes 20 bornes, et suis à l'arrêt en train de refroidir, j'atteste que, non, des vêtements chauds, c'est pas superflu.

Top départ !

Je n'ai strictement aucune foutue idée du rythme à adopter. Je veux dire, je serais seul, je ne me poserais pas de question. Sauf que, je ne suis pas seul. J'essaye d'emmener un rythme suffisamment soutenu pour qu'on ne se retrouve pas avec du retard sur la barrière horaire. Assez rapidement, je constate qu'on va un poil vite pour Océane, que Benjamin a la bougeotte et file bien vite, et Dorian s'adapte au rythme d'Océane, il a de la marge. Toute l'astuce consiste donc à gérer l'élastique entre les deux groupes, sachant qu'au départ, c'est blindé de monde et en plus, on risque de se perdre.

Patricia, habituée des 6 jours, me double. Ludovic, aussi, que j'avais croisé à Lensahn. On papotte on papotte. Mais ils vont trop vite pour nous.

Et puis à force de marcher, boum patatras, nous voici rendus au premier ravito. Premier ravito où on fait surtout tamponner nos cartes, on reste 5 minutes à grignoter un peu de nos provisions et salut au-revoir on s'en va. Jamais été très impressionné par la qualité des ravitos à Paris-Mantes en même temps, ils sont là et c'est bien, mais faut surtout compter dessus comme "un plus", quelque-chose qui peut dépanner, que comme quelque chose sur lequel on peut compter sans se soucier de rien. Mieux vaut avoir un sac plein de bonnes victuailles.

En l'occurence, j'ai, un sac plein de bonnes victuailles, et même trop, j'ai vu large, au cas où un ou une des collègues vienne à manquer.

Notre groupe fonctionne, je trouve, plutôt bien, niveau rythme on tire un poil court, mais si on tient, c'est bon. Sert à rien de se griller. Je m'inquiète un peu du niveau de consommation de calories de mes camarades de jeu. Je veux dire, moi, quand je marche, je mange. Comme quatre. Même si j'ai pas trop faim. Tu marches l'hiver tu brûles des calories, faut remettre du charbon dans la chaudière, logique.

Bon bref.

On se cogne la gentille petite plaine avec les équipements militaires et les grandes lumières rouges, au loin. Sans le vent du nord glacial que j'avais eu une année. Dommage, c'était typique. Puis bon, second point de contrôle, on prend même une photo devant le car qui rembarque les abandons pour bien se convaincre que c'est pas pour nous, et on trace la route.

Le car balai
La navette pour les abandons. Il ne faut jamais dire "fontaine..."

Et sur ce, Océane nous fait un coup de mou. Franchement, je m'en veux un peu, car je l'ai vu venir. Petite baisse de rythme. Ne s'alimente pas trop. "Non non j'ai pas faim, mais oui j'ai mangé". Tu parles Charles, je ne suis pas né de la dernière pluie, et je sais voir quand la fatigue fait que t'as plus faim, et du coup tu manges plus, et du coup t'es encore plus fatigué, etc. La spirale infernale. Sauf que, je fais le malin maintenant mais sur le moment j'ai rien vu, et là boum, en 500 mètres même pas Océane ralentit considérablement. J'ai des canettes de coca dans mon sac, que j'ai emmenées spécialement pour ce genre de cas. Mais je n'arrive pas à la convaincre. Du coup elle s'arrête sur le bord. Exactement au moment où une voiture de la maréchaussée passe par là. "Ça va Madame ? Oui parce bon faut pas non plus se faire mal, si vous n'êtes pas bien, faut vous arrêter !". Remarquez, ils n'ont pas tord. Elle monte dans la voiture. Là, j'arrive à lui vendre l'idée de boire un bon coca. Mais c'est trop tard. Elle décide de rentrer avec eux, ils la déposeront là où un bus de l'organisation la prendra en charge et la ramènera à Mantes. Dommage, elle avait tout ce qu'il faut pour finir, mais bon, on va dire que ce sont des erreurs de jeunesse, un rythme peut-être un poil fort pour elle au début, une mauvaise alimentation, et hop on passe par la case hypoglycémie. En vrai c'est pas si grave, suffit de se gaver un peu de liquide et de sucre, attendre un peu, et en général ça repart. Mais sur le moment, c'est pas évident.

Mouais bon, on n'est plus que trois.

Du coup, on regarde nos montres, et ma foi, c'est faisable de rentrer sous les 11h, même si on a pris un peu de retard.

Donc, on force l'allure. Je ne me mets pas dans le rouge non plus, ça sert à rien, on marche bon train, mais sans se tuer. Le jour se lève. Ah, le jour qui se lève, bien gris, bien triste, ça c'est Paris-Mantes à ne pas s'y tromper. Pourquoi, mais pourquoi faire ça la nuit l'hiver ? La nuit, je vois bien, car ça permet d'avoir les routes vides ou presques. Mais l'hiver, ça non, pas compris. Bon, au moins c'est pratique y'a pas grand chose en même temps dans le calendrier. Ah si, cette année le Raid 28 est à la même date.

Ah tiens, j'ai oublié de préciser, je suis parti avec mes Perfekt au pied. C'est quoi les Perfekt ? Mes chaussures en cuir (de Russie, d'après le fabriquant) qui ressemblent à des grosses rangers militaires. D'après le Vieux Campeur, la référence absolue en grande randonnée. Ça cause. Ça pèse aussi. 2,6 kg la paire en 42. J'ai acheté le modèle 45. On est sur du presque 3 kg la paire. Je me suis dit que ça m'entraînerais mieux. Bon, sur le papier l'idée a l'air excellente. Là, sur le terrain, sur les coups de 9h du matin, la blague est un peu moins drôle. Niveau amorti, c'est pas dingo dingo, et je n'ai pas de semelle dedans ni rien de très spécial. Donc bref, j'ai le dessous des pieds ruiné. C'est fait pour randonner calme, ces bestiaux là, pas pour tailler du bitume plein pot. Enfin bon c'est fait c'est fait. Et puis quand même, avantage, j'ai les pieds bien secs et bien au chaud, na !

Ô joie, le jour s'est levé
Scène typique en ce milieu de matinée. Chaque année, les oiseaux migrateurs... non mince, c'est pas celle-là, je recommence.

On a rattrapé des groupes qui sont inscrits sur des distances plus courtes du coup maintenant c'est plein de marcheurs et marcheuses partout partout. Je noue quelques discussions. Je rencontre une capitaine de marche, présidente d'un club dans la région me semble-t-il, et je suis juste bien. Un petit peu déçu de n'avoir pas réussi à rattraper Valérie et les filles qui sont juste quelques dizaines de minutes devant. Elles marchent bigrement bien ! Impossible de les rattraper, on ne gagne pas une minute, limite on perd du terrain. Ach, Scheise !

Sur la fin, on a presque un moment de panique pour ce qui est de rentrer sous les 11h00. J'ai une trace GPS mais elle indique qu'il reste 5 km. Un bénévole nous dit qu'il en reste 3. Peut-être une déformation professionnelle, mais quand ça parle chiffres, je préfère me fier aux appareils électroniques qu'aux humains. Je me dis que si c'est 3 et pas 5 l'arrivée doit simplement être ailleurs. Mais le parcours est vraiment strictement, toujours le même.

Arche d'arrivée
La ligne d'arrivée. Les derniers mètres, à défaut d'être les plus durs, sont les plus longs, ça bouchonne un poil.

Et c'est juste 300 ou 400 mètres avant la fin que je vois que nous nous éloignons de la trace GPS, donc on a bien 1500 mètres "en moins". Ouf, le bénévole avait raison. On rentre donc largement sous les 11h00, enfin, presque largement, et on aura une médaille. Ah mais non... car l'organisation s'est faite voler les médailles. Et là je voudrais qu'on prenne tous une minute de recueillement pour faire hommage à la bêtise crasse et totalement surréaliste du sombre (ou des sombres ?) imbécile(s) qui a (ont) eu l'idée débile de voler les médailles du Paris-Mantes 2018. Comment peut-on être aussi bête ? Un mystère. Enfin bon, les organisateurs s'excusent et nous informent qu'ils nous enverront les médailles par la poste après. Franchement, ils n'étaient pas forcés mais ils l'ont fait et je reconnais que ça m'a fait plaisir de la recevoir.

Une fois au gymnase, on récupère le reste de ma petite famille, Océane, qui a le sourire et compte bien revenir régler ses comptes, et on va tous à la maison se taper une bonne vieille fondue savoyarde.

Happy end.

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Mis à jour le vendredi 06 avril 2018.