CR triathlon de Dijon

Dimanche 18 juillet 2004

Bon, ben voilà ça faisait 6 ans que j'avais pas fait un triathlon, et donc ce petit B (2,5/85/20) était un véritable test, sachant que je n'avais plus vraiment d'idée précise de mon niveau réel. Je venais de faire une sortie longue à pied 4 jours avant (~85km), et donc s'ajoutait à l'aspect "reprise" une forte problématique "récupération". En gros : étais-je toujours capable de ne pas être ridicule en triathlon, et qu'en était-il de mes capacités de récupération?

Préparation du vélo la veille. Les ennuis commencent 8-) Je monte les superbes roues CXP30 que mon papa m'a offertes, et je constate que j'ai du mal à monter les pneus, que les jantes exigent des chambres à air à longue valve que je n'ai pas, et surtout que les pneus sont un peu plus épais que la moyenne et donc ils touchent le cadre, plus précisément le pneu arrière touche le collier qui maintient le dérailleur avant. Bigre. Ca frotterait presque. Comme j'ai perdu l'embout pour chambres à air vélo de ma pompe à pied - je me suis entraîné exclusivement en VTT/VTC et l'embout n'est pas le même, c'est format "voiture" - je sous-gonfle les pneus et rendez-vous le lendemain. C'est donc le lendemain, devant l'hôtel, que je constate avec horreur et stupéfaction qu'une fois gonflé à 7kg le pneu arrière frotte franchement. Ca n'empêche pas vraiment la roue de tourner, mais quand même ça frotte. Un petit peu quand même. C'est pas grave, je ne suis pas là pour faire un temps mais plus pour m'entraîner et réviser pour Embrun. Ce petit contretemps a un aspect comique qui ne manque pas de me plaire.

Tri 91
La dream-team du Tri 91 sur les starting-blocks.

Départ prévu à 10h00. A 9h50 on se met à l'eau. Je constate avec consternation que j'ai oublié de retirer mon alliance. Dans l'urgence je la retire et l'enfile sur le majeur. Ca force pour rentrer, mais au moins j'éviterai de la perdre dans l'eau. On rejoint la ligne de départ à 100m en nageant, l'eau n'est pas froide, ma combi toute neuve est super, et mes lunettes ne fuient pas. Jusqu'ici tout baigne.

Ooooooonnnk! Corne de brume et départ. Je me suis calé à l'arrière, pas question d'être embêté par les fusées qui risqueraient de me noyer. J'y vais cool. Pas vraiment de poussée d'adrénaline comme je l'aurais pensé. Je suis très calme. J'ai des souvenirs de triathlons où je suffoquait dans l'eau mais là rien, je suis vraiment zen, et prend un rythme régulier au bout de... ...dès le début en fait. Je suis gêné jusqu'à 500 ou 1000 mètres parce que c'est dense et donc ça s'embouteille parfois, mais rien de très grave. Par contre qu'est-ce que c'est long! Je prends mon mal en patience et me répète que vu l'entraînement que j'ai je dois être une brute d'endurance et que 1h dans l'eau c'est une formalité pour moi. Donc je nage, je nage. J'ai mal aux bras. Faut dire que je cumule environ 4h d'entraînement en natation depuis les 6 derniers mois, pas étonnant que j'aie mal. Je continue donc sur mon rythme, et repère un type qui a les bras oranges. Enfin sa combinaison est orange au niveau des bras. Je reste à peu près à niveau avec lui, ça doit vouloir dire que je ne suis pas en train d'exploser. Je continue donc, ne sachant pas trop si je vais super vite ou super lentement ou super moyennement, et le parcours finit par se terminer.

Pas de caillasses qui font mal aux pieds en sortant, c'est bien. Je mets tranquillement mon bonnet dans la poubelle, je perds finalement assez peu l'équilibre, je trottine, bois un peu de coca au ravito, et vais me changer. Arrivé à ma place je constate que je suis 1er du club. C'est fondamentalement injuste, je ne vais jamais à la piscine et pourtant je finis devant les autres. Tant mieux pour moi on va dire. J'enlève ma combi en quelques secondes - super cette combi - regarde ma montre, et lit "48 minutes". Waow. Pour 2,5km et pour mon niveau c'est pas mal. Je ne perds pas mon temps: casque, débardeur, chaussures, et hop en route. Sur le début du vélo, j'y vais molo. Je regarde le cardio: 160. Oh oh va falloir encore ce calmer mon petit, jamais tu ne tiens comme ça jusqu'à la fin. Mais c'est normal, sortie de l'eau, avec le stress, tout ça, il ne faut pas s'inquiéter. Je continue donc à pédaler, raisonnablement vite, mais sans m'entamer. J'attends d'avoir monté une côté pour décider si je suis en forme ou pas, en attendant je limite la casse et assure un bon rythme de base. Il sera toujours temps d'allumer plus tard. Sylvie me double comme une fusée. Elle m'enrhume que c'en est impressionnant. D'ailleurs tout le monde me double et m'enrhume. Je garde mon calme. S'ils me doublent c'est soit qu'ils sont meilleurs, soit qu'ils sont inconscients. Dans tous les cas ça ne sert à rien d'essayer de suivre.

Un petit groupetto de coureurs me double. Cherchez l'erreur, en triathlon le vélo c'est un contre la montre. Un des concurrents est franchement en train de sucer la roue de son petit camarade. Juste à ce moment là un commissaire se pointe à moto. Je lui montre le groupetto du doigt. Quelques minutes plus tard j'entends des coups de sifflet. C'est bien fait, j'aime pas ceux qui draftent.

Petite remarque sur les vélos : c'est hal-lu-ci-nant les vélos que je vois passer. Cadre alu par-ci, cadre carbone par-là, avec mon vélo - qui est pourtant très bien je trouve - je fais figure de plouc fini, de guignol. Je me dis que finalement mon vélo il a fait Embrun, donc il n'a rien à prouver, je dis zut à tout le monde et je poursuis ma route.

Arrive la 1ère côte. Et là, miracle et stupéfaction, je rattrape plein de monde. Incroyable. Toutes les fusées qui venaient de me doubler avant, je les reprends tranquillou dans la montée. C'est chouette hein? La fin de la côté sonne le gals pour moi, tout le monde me reprend dans le plat et les descentes. Au passage, je ralentis copieusement aux ravitos pour m'alimenter tout aussi copieusement. Je mange des bananes, bois du coca et fais le plein d'eau.

J'attends la 2ème côte avec impatience. Je déduis qu'il y a une 2ème côté car la 2ème descente a été annoncée comme dangereuse. Qui dit 2ème descente dit 2ème côte, c'est fatal. Comme je n'ai pas de compteur kilométrique sur ce vélo, je me fie à la montre pour évaluer mon heure d'arrivée. J'arrive à peu près à anticiper cette seconde et dernière montée. Comme pour la 1ère, je remonte pas mal de coureurs. D'autant plus que mon avance en natation s'est effacée maintenant donc je suis vraiment avec des gens de mon niveau. Et dans la côte je blaste, y'a pas photo. J'ai un sourire jusqu'aux oreilles car je sais que mon vrai point fort aujourd'hui c'est la course à pied. Je vais y aller comme un gros bourrin, voilà ce que je vais faire!

Dans le dernier plat avant l'arrivée au parc à vélo, je décide de ne pas vraiment me reposer, je compte sur mon bon entraînement à pied pour rectifier mes erreurs. Je chantonne "highway to hell" dans ma tête, sur la piste cyclable (le highway du pauvre quoi...) et décide donc de foncer dans le mur. Exit l'idée originelle de souffler un peu sur la fin du parcours vélo. Non, j'y vais un bon coup, on verra bien plus tard.

Arrivée dans le parc à vélo, je suis en moins de 4h, c'est bon c'est bon ça. Je sors une sale blague nulle "eh les gars z'êtes relous z'auriez pu m'attendre pour courir!". Je me change tranquille, je prends le temps de mettre mes chaussettes comme il faut, et zou c'est parti. Dès les 1ers mètres je suis bien. Je n'ai jamais mais alors jamais pris un départ de course à pied en triathlon comme ça. J'ai l'impression de voler. De fait je dois courir à à peu près 14km/h, ce qui pour moi est méga maxi rapide. Une petite voix me dit "eh oh c'est pas du tout raisonnable ça!!!". Mais l'autre voix répond "toi tu te tais, on a décidé d'aller dans le mur pour voir, tant que ça passe on continue!". Bien bien bien.

1er kilomètre, tout va bien, j'ai fait une pose au ravito: eau-banane-coca. Je décide de continuer sur mon rythme et j'ai bien raison car ça tient du feu de dieu. Je n'arriverais pas vraiment à accélérer car je suis "au taquet" question jambes et rythme, mais sinon j'ai l'impression de pouvoir aller au bout du monde comme çà. Je reprends du monde sans soucis, je me paye même le luxe de dépasser des coureurs en avance sur moi d'1/2 heure, et qui en sont donc au 2ème tour. Oui, car il y a 3 tours d'un peu moins de 7km. Je ralentis un peu sur le 2ème tour, peut-être et surtout à cause des pauses ravito que je ne veux pas laisser tomber. C'est important pour moi d'être capable de stopper, de boire et grignotter un morceau, puis repartir à toc.

Sur la fin du 2ème tour je croise tous les autres du club en sens inverse. Sylvie qui finalement semble trop en avance sur moi, je nourrissais l'espoir secret de la rattraper mais je vais être trop juste. C'est pas grave je tenterai le coup quand même. Je croise aussi mon papa, et juste derrière Dominique. Eux je peux peut-être essayer de les rattraper dans le tour d'après, mais ça ne sera pas facile quand même.

J'entame le denier tour. Tout va bien, la mécanique tient, elle est même assez agréable à conduire. Par contre ça cogne. Je tape un peu fort et j'ai le genou gauche qui commence un peu à faire mal. Tant pis faudra que ça tienne, en compétition ne n'ai pas pour habitude de ménager ma monture, ça c'est bon pour l'entraînement. Je trouve vers le 16ème kilomètre un concurrent qui a le même niveau que moi. On se met côte à côte et on entame une petite remontée. On ne voit personne devant. Et pourtant si il doit bien y en avoir. Après 2km de bourrinage, on aperçoit enfin des coureurs. Miam miam on les mange. Je me retrouve alors à la tête d'un petit groupe de 4 ou 5 coureurs, dont certains qui m'avaient dépassés au tour d'avant. Je décide d'en rajouter une couche. Je les lâche. Maintenant faut assumer. J'accélère donc progressivement, et je termine à l'arrache en sprint sur les 30 derniers mètres et gagne une place au scratch 10 mètres avant l'arche d'arrivée. Yo!

Courbe FC
Ha ha, voilà une course rondement menée, avec un finish dans les règles de l'art: à donf!

Je suis complètement essouflé, une vraie locomotive, mais content content content. J'ai fait la course, jamais je ne me suis vraiment posé la question "vais-je arriver au bout" ou "vais-je craquer". Bien sûr mon temps (5h22) n'a rien d'exceptionnel dans l'absolu, mais je me suis régalé et c'est ce qui compte pour moi, na! D'un certain point de vue j'aurais bien aimé arriver à rattraper Sylvie mais c'était vraiment difficile à jouer vu mon niveau en vélo. Une autre fois peut-être 8-)

Je vais ensuite tranquillement manger un morceau, m'habiller chaudement et m'acheter une bière et en prévoir une pour l'arrivée de mon papa, qui arrivera environ 1/2 heure après. Dominique est un peu plus loin derrière, je repasserai au bar lui chercher un rafraîchissement tonique à base de houblon.

Rendez-vous la semaine pour le triathlon de Belfort. Same player shoot again. Même bonhomme, même distance. J'espère que mon genou gauche se sera un peu remis car là, 24h après la course, il est un poil douloureux. A suivre...

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Mis à jour le lundi 24 octobre 2005.