CR marathon de Paris

5 avril 2009

Le Marathon de Paris, vous connaissez? Eh oui, je ne fais pas que des courses confidentielles avec 3 pelés 2 tondus, je participe à ce type de grand' messe de la course à pied. J'aime ça, aussi, faut être ouvert.

Battre un record. Pas facile.

L'année dernière j'avais tenté le moins de 3 heures. Après un échec en 3h03' à Rambouillet en 2007 j'avais fini par atteindre l'objectif en 2h55'13" (temps puce) au Marathon de Paris 2008. Cette année j'aurais bien aimé dépasser cette limite, et concrètement tomber sous les 2h55', idéalement atteindre 2h50', mais bon, ça n'a pas marché. Tant pis, c'est pas grave, je recommencerai. Faut persévérer!

Pourquoi ce (semi) échec? Bon, déjà, je suis quand même surtout entraîné pour le grand fond. Je vise un 24h fin mai, un triple-ironman fin juillet, j'ai plutôt tendance à compter les heures par paquet de 10 plutôt qu'à l'unité ;) Donc voila, j'ai abordé cette course relativement confiant car j'avais une bonne forme générale, mais sans grosses illusions car je manquais, tout de même, un peu de vitesse. A titre indicatif de novembre 2008 à mars 2009 j'ai "bouffé" du kilomètre à allure relativement lente, entre 9km/h et 12km/h, et j'ai juste casé quelques séries (plutôt des séances de fartlek en fait) sur 2 semaines fin mars. Au total j'ai du naviguer seulement 2h ou 3h (grand maximum!) dans des fréquences cardiaques au-delà de 160 pulsations/seconde, typiquement 85% de ma FCM. D'un certain point de vue je suis content de cet entraînement car il est assez reposant (malgré un kilométrage élevé, environ 90 bornes/semaine). Je ne voulais pas miser tout sur le marathon et négliger le grand fond, qui reste l'objectif principal. Donc tant pis, j'y suis allé en mode diesel, pour voir. J'ai vu!

Deuxième raison, je suis, comme d'habitude sur cette distance, parti trop vite. En même temps, j'aurais pas été fâché d'atteindre les 2h50', et pour cet objectif là, mon départ était pile-poil dans les clous. J'ai un peu galéré pour dépasser les meneurs d'allure 3h au départ (l'année prochaine je prends un dossard préférentiel, fini de plaisanter) puis j'ai trop appuyé sur le champignon entre le km 5 et le km 10. Faut dire j'étais bien! J'ai regardé les chronos, et curieusement, contrairement à mon ressenti, mon allure se tasse uniquement dans la toute fin, les 7 derniers km, alors que j'aurais juré que j'avais ralenti avant. Comme quoi, les impressions, c'est trompeur.

Troisième raison, je suis un peu "lourd" en ce moment. 78,9kg le matin du départ. Et 76,5kg une fois de retour à la maison. Dans l'ensemble, ça faisait des semaines que j'étais à 79kg, soit 2kg de plus que l'année dernière. 2kg quand on essaye de courir à 14,5km/h, ça fait la différence.

Dernière raison, certainement la plus importante, le WE avant la course, j'étais à un festival de fanfare "Fléchettes et Vin Blanc". J'ai pas tiré beaucoup de fléchettes (zéro) en revanche le vin blanc j'ai eu largement le temps de le goûter. Ajoutez à cela qu'on a enterré la Fanfare Flingueurs au restaurant la veille du départ, et que j'avais posé mon lundi pour voyager moins cher, et vous comprendrez qu'avec 4 soirées grassement festives et arrosées à J-10, J-9, J-8 et J-7 je ne pouvais pas m'attendre à des miracles. Pour limiter la casse j'ai casé des entraînements en endurance tous les jours pendant cette période, histoire de ne pas prendre 3kg de lard, mais du coup j'ai tiré beaucoup trop fort sur la mécanique à un moment où la sagesse aurait été de se reposer, de recharger les accus. Je serai sage quand je serai vieux. Peut-être...

Bon, je peux me trouver toutes les excuses du monde, ça ne changera rien, de toutes façons, au résulat : 2h56'30". C'est pas dégueulasse non plus comme temps, je suis plutôt satisfait, ça confirme que je "vaux" réellement moins de 3h au marathon. Et puis comme ça j'ai mon dossard préférentiel pour l'année prochaine ;)

Aux sensations

Ah oui, j'ai oublié de vous livrer une info capitale : j'avais décidé de faire ce marathon "aux sensations" comme on dit. Donc, une fois n'est pas coutume, pas de cardio-fréquencemètre. Et, plus rare, pas de montre non plus. Rien, j'ai juste eu des informations sur mon chrono aux km 10, au semi et au km 30 (il y a de gros chiffres qu'on ne peut pas ne pas voir) mais pour le reste, c'était tout "au pif".

Dinosaure fashion
Sur les conseils de Stu, j'essaye de courir droit mais décontracté, avec des bras de dinosaure (façon tyranosaure), les pouces relevés comme si je tenais un journal dans les mains, et je m'imagine avoir un papillon à l'intérieur de chaque main. Essayez, c'est redoutable!

Entendons-nous bien, après avoir lu Cottereau en long en large en travers, après avoir lu "Slow Burn" de Stu Mittleman et bien étudié, à l'entraînement, mes sensations aux diverses fréquences cardiaques cibles, et surtout après avoir couru 400 bornes/mois pendant 4 mois, j'avais quand même une bonne idée de l'allure à adopter. Je n'étais pas dans le grand flou tel un débutant lâché seul au milieu de nulle part sur un parcours de 42km. J'avais de bons repères. Mais que des repères "au jugé", pas de verdict en béton tels que ceux donnés par l'électronique moderne.

Cet assez rare à ce niveau du peloton de naviguer comme ça, à vue, j'ai regardé autour de moi sur la ligne de départ, vraiment, tout le monde à une montre. J'ai même souvent vu les accéléromètres qui permettent de connaître la vitesse instantanée, je trouve ces capteurs qu'on fixe sur les chaussures bien trop volumineux, et la dernière fois que j'ai regardé le poids j'ai trouvé ça lourd. A l'entraînement, peut-être, mais en course, non!

Bon, alors, qu'est-ce que j'en ai retiré de cette expérience? Que l'électronique c'est tout de même pratique, je n'aurais parfois été fâché d'avoir ma FC ou bien des repères sur la fin de parcours pour éviter de m'endormir sur mes lauriers, ce que j'ai un peu fait, faut le reconnaître. Mais d'un autre côté, j'ai quand même perdu "uniquement" 6 minutes sur le second semi, c'est pas idéal mais c'est loin d'être une catastrophe. Cela veut tout de même dire que je n'ai pas fait n'importe quoi non plus. Mon allure de départ "au pif" n'était pas si farfelue que ça.

Et puis l'expérience était intéressante, c'était une affaire entre moi, mes chaussures, et le bitume. Point. Finalement j'ai fait une course dans un état assez introspectif, très proche de ce que je retrouve parfois en ultra, j'étais "à l'Ouest" par rapport aux autres, j'ai senti le décalage.

C'est une expérience que je vous recommande.

Y retourner ou pas?

Clairement, j'y retournerai à ce marathon de Paris, et avec le dossard préférentiel qui va bien. Très clairement, je ne peux pas rester sur cette note, il faut que je sache si oui ou non, je peux aller taquiner les 2h50', voire 2h48' (15km/h pile-poil), voire mieux, si j'y arrive, pourquoi pas. Je vais bien toucher ma limite un jour, mais là clairement il me reste au moins une petite marge de progression, ne serait-ce qu'en faisant progresser mon hygiène de vie et en ne partant pas trop vite. C'est curieux, en ultra je pars toujours à peu près suffisament lentement, mais sur marathon c'est la cata, je pars systématiquement en sur-régime. Une vieille habitude ;)

Prochain objectif : 24h de Brives, je pense être en bonne forme. J'espère en tous cas. Cette fois pas de chichis, j'irai avec le cardio "comme d'hab'" pour me canaliser au moins sur les 3 premières heures. Après, on verra.

PS: les temps de passage!

 5 km    00:20:27
 10 km   00:40:22
 15 km   01:00:29
 21.1 km 01:25:14
 25 km   01:41:14
 30 km   02:02:16
 35 km   02:24:05
 42.2 km 02:56:30

Je suis parti un chouillat moins vite que l'année dernière, accéléré en milieu de course, et je me suis tassé sur les 7 derniers kilos. Je termine 754ème.

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Mis à jour le vendredi 10 avril 2009.