CR triathlon de Nice

28 juin 2009

Bon, Nice, j'y allais pour me chauffer et me rappeler ce que c'était qu'un triathlon, avant de m'attaquer à Lensahn. Formellement, j'avais aussi besoin d'avoir bouclé un Ironman sur 2008/2009 pour participer au "triple". Je ne suis pas certain que l'organisateur de l'Ultra-Triathlon en Allemagne m'aurait cherché des complications, mais dans le doute, j'ai préféré assurer. Pour rappel, la distance de l'Ironman c'est 3800m natation, 180km vélo, 42,195km à pied.

Le week-end de la course, je suis hébergé chez un trailer émérite ("PhV", je vous laisse devnier qui c'est!) qui habite à Nice même, à un jet de brouette du départ (faut savoir lancer la brouette, évidemment...).

La veille du départ, donc, je remplis les formalités administratives. Quelle purge. Dossard, vélo, pfff, c'est compliqué. Le "village" et ses boutiques attrape-gogo avec des articles inutiles et trop chers me laisse de marbre, ou plutôt m'écoeure. Je n'aime pas trop cette ambiance qui respire le fric et la frime. Je veux bien qu'on fasse du business autour de la course, ça ne me choque pas qu'on en vive, mais là, c'est trop, beurk. Le clou, c'est lorsque je dépose mon vélo dans le parc. Je dois être le seul cette année (et peut-être même sur toute l'histoire de l'épreuve, va savoir...) à m'aligner avec un VTT sur la ligne de départ. J'ai droit à diverses remarques, allant de "bon courage!" à "l'important c'est de participer". Je devrais prendre les numéros de dossard de ceux qui me prennent pour un mimile, je ne suis peut-être pas un champion, mais je vais vendre chèrement ma peau, et il y a peu de chance que je finisse dernier.

Je passe une très mauvaise nuit car je ne dors pas, je n'ai pas confiance en mon réveil (j'ai peur de ne pas l'entendre) et je dors donc par tranche de 1/2 heure à 3/4 d'heure. Je suis soulagé d'être sur la ligne de départ, de n'avoir rien "raté" style j'ai oublié ma combinaison de natation, car j'en suis capable. Je fais caca dans la petite cahutte en plastique qui va bien (ça a l'air d'un détail, mais ça fait la différence entre une course réussie et un calvaire!) et je me cale tranquille peinard sur la gauche de la ligne de départ, au delà de la limite "1h20" en natation, donc, logiquement, chez ceux qui nagent mal.

Départ prudent.

Natation
Joli parcours, si on était 10 fois moins nombreux, ce serait le rêve!

Et surtout, départ encombré! Pinaise, 2500 paires de bras qui battent la mer, ça fait un monde fou, on se croirait sur le périph', c'est la guerre! Fort heureusement le départ natation en triathlon, c'est comme le vélo, ça ne s'oublie pas. Mon dernier triathlon c'était Embrun en 2006, il y a 3 ans donc, et là j'ai l'impression que c'était hier. Je ne dis pas que c'est agréable d'être à touche touche dans l'eau, mais bon je fais avec. Il faudra bien 2km pour qu'enfin je puisse nager dans des conditions correctes. Entre temps, vas-y que je te pousse. Pif paf pof. Au passage j'ai du boire une bonne quantité d'eau de mer, ce n'est pas aujourd'hui que je ferai une carence en sodium, j'ai fait le plein. Un bon demi litre d'eau de mer, et voilà, hop, le tour est joué. Gloups.

Sortie "à l'australienne". J'avais oublié ce que ça voulait dire. Ça veut dire qu'on sort de l'eau, qu'on fait un tour sur la plage, et qu'on replonge. C'est plutôt sympa. J'en profite pour regarder ma montre. Pfiou, le temps passe vite, bientôt 50 minutes déjà! Allez, un dernier petit tour et on revient sur la terre ferme. Ce 2ème tour est particulièrement agréable. Il y a moins de monde, je ne suis pas spécialement fatigué, mon entraînement de musculation a fait des merveilles. J'ai les bras formidablement préservés par rapport à d'autres fois, et puis quand je sors la tête, je profite d'un paysage, heu, comment dire, sympa. Quelques encablures avant l'arrivée j'essaye de m'imaginer qu'il pourrait me rester presque 8km à parcourir. Et puis je pense à autre chose. Je regarde le chrono. 1h13, à la louche. Yeah, pas mal, ça doit être mon record sur la distance. Cool!

Transition
Hop, en route!

Je perds un temps fou à la transition. C'est mon impression et le chrono le confirmera, elle dure presque 10 minutes... J'enfourche mon vélo. Mon bôôô VTT monté route. C'est un bon vélo, j'en suis très content, les vitesses passent bien, ça freine nickel, ça couine pas, à part qu'il fait 14kg, pour le reste, il est parfait. Le parcours vélo est simple au début, plutôt plat, je roule "pleine balle" sans trop me soucier de la suite. J'ai prévu de ne pas trop me poser de questions en vélo. Si je suis bien à la fin du vélo, eh bien je donnerai tout à pied. Si je suis carbonisé, eh bien ça m'apprendra à gérer une transition "difficile", un petit avant goût de ce qui m'attend fin juillet ;)

Haïdi-haïdo
Plus qu'j'pédale moins fort, moins qu'j'avance plus vite.

Mon vélo reste un bon sujet de conversation avec les autres participants, y'a pas dire, je ne passe pas inaperçu. Comme le vélo, moi, j'adore ça, dès que ça monte, je ne peux pas m'empêcher d'allumer un petit peu. Oh, juste un peu, comme ça, pour rire. C'est plus fort que moi, je ne peux pas rester calme en côte. Donc voilà, je grille quelques cartouches dans la grande montée aux alentours du km 60. Et je gagne des places. Côté ambiance, c'est très joli, le paysage est sauvage, le temps superbe. J'ai décidé de boire un peu de boisson énergétique, car sur les premiers ravitaillements il n'y avait pas de coca. Au début cet espèce de goût citroné indéfinissable m'a un peu rebuté, mais je m'y suis fait. On se fait à tout. Quand on a soif. J'essaierai même plus tard les powerbars et autres gadgets qui me paraissent d'habitude tellement farfelus mais sont ici, semble-t'il, la norme. Ça se mange. Mais j'ai pas remarqué que ça faisait avancer plus vite que du pain d'épices.

Paysage
C'est pas beau comme parcours ça?

J'en profite pour souligner que le triathlète moyen, à cette édition de l'Ironman Nice 2009, est un fameux dégueulasse qui balance des gels, des bidons, que sais-je, à peu près quoi n'importe où y compris dans le bas-côté à 10km de tout point de ravitaillement, en pleine nature, et manifestement avec une conscience tranquille et dégagée de toute responsabilité. On est très loin du traileur besognieux qui va remplir sa petite pochette à déchets. Non, là, le scénario type, c'est plutôt : "j'ai scotché mes gels sur le cadre de mon vélo, et quand j'en ai bouffé un je jette l'emballage là où je veux de toutes façons j'ai pas de poches il se trouvera bien un couillon pour nettoyer à ma place, et au pire, tant pis!". J'imagine que je ne suis pas le seul (j'espère, et j'en suis même convaincu) à ramener dans mes poches des emballages divers et variés, mais tout de même, c'est certain, mon cas n'est pas le cas général.

Je suis bien
Sur ce parcours, je me suis régalé, j'aurais presque (je dis bien, presque) signé les yeux fermés pour un deuxième tour.

Faut avoir participé à une course comme ça pour se rendre compte de ce que c'est que le "j'm'en-foutisme".

In the City
Y'a pas à dire, le cadre de la course est plutôt agréable, je ne m'en plains pas.

Bon, à part ça, j'évite de m'aigrir, et je profite pleinement de la fin de parcours. Dans l'ensemble, c'est facile, ça descend. Et puis c'est toujours aussi joli. J'ai un grand sourire banane, je suis heureux, j'ai pas mal aux jambes, j'ai plus que 50 bornes faciles à faire, il fait beau, tout baigne. Juste, les 20 derniers kilos sont un peu rasoirs, car à force de descendre on prend l'habitude d'avancer à 40km/h sans effort, et le paysage devient moins sauvage, voire quelconque ou quelquefois franchement moche. Globalement tout de même, superbe parcours vélo, je vous le recommande. Un ordre de grandeur plus simple qu'Embrun, mais paradoxalement peut-être plus "nature". A voir, on pourrait aussi débattre de savoir lequel est le plus fort de l'hippopotame et de l'éléphant.

Arrivée vélo
Derniers tours de pédales avant d'enfiler mes chaussures de course.

Fin du prologue, arrive la 3ème épreuve, le marathon, le plat de résistance, la bourre finale, la course quoi!

La douche
Il fait chaud. Fort heureusement on a tout le confort moderne à disposition. Douche tous les 2km.

Petite cerise sur le gâteau, une bénévole attentionnée me tartine les épaules de crème solaire (article que j'avais totalement oublié...) avant de partir courir. C'est royal. Je perds un peu moins de temps qu'à l'autre transition. J'irai bien couler un bronze mais c'est pas pratique faudrait faire demi-tour et aller dans le parc à vélo. Pfff, je ne me sens pas d'humeur à faire 300m de trop pour aller étouffer dans une boite en plastique. Tant pis, on verra bien si mes boyaux tiennent.

On sent la fatigue...
J'ai beau faire le malin après coup, dire que j'ai récupéré rapidement, sur le moment, j'étais bien fatigué quand même...

Je pars plutôt lentement, puis au bout de 500m, VROOOOMMM j'ai la pêche. La blague dure assez peu longtemps. Au bout de 10km je me "tasse" misérablement. Il fait assez chaud, j'ai plus de jus, et je sens que je suis en train de basculer en mode "ultra". Je veux dire par là que c'est fini l'euphorie, je suis désormais en train de "durer", et puis c'est tout. Fini la vitesse. J'ai un instant nourri l'espoir secret de finir la course à 12km/h, mais ça sera pas pour cette fois. Je me contente de limiter la casse, en marchant le moins possible. Je marche donc très peu, juste aux ravitaillements (mais il y en a tous les 1500m, donc...) et essaye de bien boire et manger. Je n'ai pas envie de finir tout cassé avec une perfusion, j'ai un train à prendre demain, et une compétition majeure dans 4 semaines, donc je donne le meilleur de moi-même, dans la limite du raisonnable. En pratique j'ai le pied au plancher et suis suffisamment obligé de me "rentrer dedans" rien que pour maintenir le rythme actuel. J'aimerais bien tomber sous 12h00 mais je n'arrive plus à maintenir le 10km/h en moyenne. Zut, flûte! J'essaye de relancer mais ça vient pas, je commence à cuire doucement sous le soleil niçois, qui cogne assez dur, reconnaissons-le. Je sens l'estomac qui menace de faire blurp blurp. J'ai essayé à peu près tout comme alimentation, parmi ce qui était proposé, du gel dégueu PowerBar fraise-banane au gâteau Tuc salé. Une petite acalmie et un brin d'ombre au dernier tour, sans oublier bien sûr la perspective d'en "finir" me redonneront un peu de pêche sur la dernière heure. Petite coquetterie, je boucle le marathon à plus de 10km/h de moyenne. Bon, la croisette à Nice, j'ai donné, c'est chouette, mais 8 fois les mêmes 5,3 km, ça lasse son homme!

C'est fini!
Voilà, ils ont déroulé le tapis bleu, je peux enfin finir. Comment faire trois fois plus long, je ne sais pas. Pour l'instant.

Ah oui, et j'oubliais de vous dire, j'ai croisé du beau monde sur ce parcours. Pierrot (qui aimerait bien se qualifier pour Hawaï, catégorie M65) mais aussi Katell et "Lapin" que je salue en coup de vent (ils étaient avec moi au Spartathlon en 2008), et Eddy, du Tri91, qui m'encouragera à chaque tour, près de la ligne d'arrivée. A force de traîner ses guêtres un peu partout, on finit par connaître du monde!

Bilan des opérations:

     natation      : 01:13:39
   + transition 1  : 00:09:20
   + vélo          : 06:27:01
   + transition 2  : 00:06:18        
   + course à pied : 04:09:45
  ---------------------------
   = total         : 12:06:03

1110ème sur 2500 partants.

Et surtout, la bonne nouvelle: excellente récupération, pas trop de courbatures, 2 jours plus tard je cours quasi-normalement. Pour un peu on dirait que je n'ai pas forcé. C'est faux, je vous garanti que sur la ligne d'arrivée je ne faisais pas le fier, j'aurais bien aimé m'allonger sur un lit de camp, malheureusement ils étaient tous pleins (à 400€ l'inscription, on aimerait pouvoir se reposer à l'arrivée, mais apparemment ça fait pas partie du "pack" de base).

Voili voilo. Bon, au final, très jolie course, je suis plutôt satisfait du résultat, j'étais venu pour finir, c'est fait. Maintenant, dernière ligne droite avant ma grosse compétition de l'année, là, pour le coup, ça risque à être moins facile.

On verra bien sur place.

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Mis à jour le jeudi 02 juillet 2009.