CR BRM 400k Flins

En bonne compagnie

Or donc, je suis de retour après ma fracture de la clavicule, et pour ce premier BRM de reprise, j'ai jeté mon dévolu sur le 400k de Flins. J'y vais avec Nigel, rencontré au 300k de Cergy . Il est anglais, mais bon, à ce qu'il paraît la guerre de 100 ans est terminée, alors nous pouvons nous fréquenter.

Faut être raisonnable

J'ai nourri l'espoir secret de faire ce brevet en fixie. Avec mon "vélotaf'" comme disent les hipsters. Au dernier moment (samedi matin...) je décide de changer la chaîne. Au moment de remonter la nouvelle, aïe, caramba, je constate que sur un pignon fixe, la largeur de la chaîne n'est pas la même. Diantre. Je file en catastrophe (juste avant midi, tout va fermer...) chez un marchand de vélo pour choper une chaîne de la bonne largeur, ils n'en ont pas, et là, une grande fatigue m'envahit. Bon tant pis, j'irais avec mon vélo "normal". Le soucis c'est que sur le fixie, j'ai une position plus relevée (c'est un vélo de ville, après tout). Et ça aurait pu soulager mon épaule. Autre point, il est possible de ralentir rien qu'avec les pieds, ça évite de toucher aux freins, encore un soulagement pour l'épaule. Mais de toutes façons il est HS, plus de chaîne, je ne vais pas non plus remettre l'ancienne (compliqué, car j'ai fait totalement sauter le bitonniau-cylindre au niveau d'un des maillons) donc bref, j'irai avec mon carbone.

La chaîne
Une chaîne de fixie, c'est pas une chaîne standard. Bon à savoir.

Je pars un poil à la bourre. Mon épaule tire un peu. Je laisse traîner le bras en arrière. J'ai peur de me casser la gueule. Au bout de 10 bornes ma position "tout de travers" m'est désagréable. Je vais tenir 400 bornes comme ça ? Nan mais sans déconner, y'a des fois je vous jure. Je téléphone en mode panique à Nigel pour lui dire que je vais avoir quelques bonnes minutes de retard. Je lâche tout dans la côte de St Germain pour arriver péniblement 20 bonnes minutes à la bourre chez lui. Par chance, lui non plus n'est pas en avance. Il nous emmène en voiture à Flins.

Surprise !

Sur ces entrefaits, on gare la voiture et on s'en va. Original, certains contrôles peuvent être validés par des questions secrètes, du type "quel est l'âge du capitaine", l'information en question se trouvant sur une stèle quelque part dans un village perdu. Astucieux et sympathique. Le paquet est déjà parti, nous partons et roulons seuls.

Au bout de quelques dizaines de kilomètres, je sens un "touk" à chaque tour de roue. Comprendre donc, quand je roule, ça fait "touk-touk-touk". Je me dis que lors de ma chute en avril, j'ai du bigner la roue avant, sans m'en apercevoir. Je regarde voir si la jante dévie un peu entre les patins de freins - tout en roulant - et ne constate rien de bizarre.

Au premier contrôle, toutefois, profitant de l'arrêt en début de soirée, je jette un coup d'oeil à cette roue. Horreur ! Le pneu est en train de faire une gigantesque hernie... Pourtant il est quasi neuf, il a 500 bornes. Oui, mais bon, c'est ainsi, il se déchire, et ne va pas tarder à péter.

Et là, un concurrent nous croise. Il a un pneu de rechange. Moi aussi j'en ai parfois, mais aujourd'hui je n'en ai pas. J'ai du penser que ces derniers temps j'avais suffisamment la poisse et que la foudre ne frappant jamais deux fois au même endroit, je serais immunisé. Mais non, je suis en train d'éclater mon pneu et je n'en ai pas de rechange. Et donc, ce concurrent me prête - me donne, en vérité - son pneu, qui est tout usé et d'une autre époque, mais résout mon problème instantanément. Un énorme merci à lui, j'apprendrai le lendemain qu'il n'a pas terminé le brevet, c'est triste.

On continue la mission

Bref, le brevet continue. Le clou du spectacle c'est quand nous enfilons Houlgate - Deauville - Honfleur au beau milieu de la nuit. On a un peu jardiné avant Houlgate, et je me suis félicité d'avoir le GPS, car sans lui, je pense qu'on perdait une bonne heure.

Au contrôle pas loin du bord de mer, on décide de dormir un peu. Il y a une place avec des bancs abrités du vent, c'est pas mal. Je n'ai pas envie de lutter comme un acharné contre le sommeil, dans l'état où je suis, une chute serait catastrophique, je vous laisse imaginer l'état de l'épaule avec une fracture par-desssus la fracture. Donc, on dort. Environ un heure, de mémoire, je crois. Bon bref, on est repartis.

Comme un brevet

La météo n'est pas excellente, on a de la bruine, je pourris le visage de Nigel avec le mélange pluie-boue que projette ma roue arrière. Non, je ne mets pas de garde-boue. Et toc !

On perd pas mal de temps aux arrêts, que ce soit pour aller au bistrot faire le plein de victuailles ou pour faire une pause pipi près d'un champ, nous avons tendance à transformer en 10 minutes ce qui pourrait n'en durer que 2. Ce n'est pas si grave, moi, j'ai juste besoin de finir mon brevet, et je crois que Nigel est dans la même situation.

Il faudra qu'on fasse une flèche Velocio ensemble ;)

On s'achemine vers une fin "environ en 24h". Peu importe en vérité. Jean-Paul, mon papa, qui vient de terminer le Longjumeau de son côté, me téléphone pour savoir où j'en suis. Déjà fini le Longjumeau ? C'est vrai qu'il est plutôt plat et que nous on a eu quelques bosses, mais tout de même, on se traîne, c'est certain.

Arrivé vers la Roche-Guyon, nous essuierons la dernière déception du jour, un panneau indique que c'est à 1500 mètres. Ce que ne dit pas le panneau c'est que les 500 premiers mètres sont un mur de premier choix, et la descente qui suit m'est tout aussi désagréable avec ma position de travers et mon épaule folle. D'ailleurs, en parlant de position, au début je préservais énormément mon épaule, mais à force de fatigue j'ai fini par négliger cette précaution. Au final, je me tiens "presque droit".

Ayé

Le repos des héros
Après la ballade de 400 bornes, on se pose tranquillou dans le local du club de Flins. Encore des kilomètres que les boches n'auront pas.

Nous arrivons enfin à Flins. Valérie est venue me chercher, je n'aurai pas à pédaler pour rentrer. Encore un grand merci à Nigel pour sa compagnie. Dans 10 jours je dois faire une radio et passer voir l'orthopédiste qui doit se prononcer savoir si oui ou non mon épaule est bien remise et si je peux reprendre une activité normale.

Ahem.

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Mis à jour le samedi 22 août 2015.