CR Transpyrénéa - Étape 1, Le Perthus - Merens

Mardi 19 juillet 2016 - J0

Départ de cette première édition de la Transpyrénéa. On a bien pris le soleil au Fort de Bellegarde ce matin. J'ai fait une n-ième recharge glucidique à coup de quatre-quarts, pour compléter mon petit déjeûner pris au Boulou à l'hôtel. Hier j'ai donc diné avec Géraldine, Martine et Christian. Géraldine et Martine sont de la fête, Christian les accompagne. J'ai fait une démonstration de mon appétit légendaire en dégommant une salade, une pizza et un banana split. Faut du carburant pour faire avancer un Christian. L'ultra, je sais faire, mais pas à jeûn. En attendant le départ, j'échange quelques mots avec des japonais. On parle météo, on compare les sacs. Je leur explique que la météo ici, c'est pas compliqué : soleil pétant, chaleur, orage, soleil pétant, chaleur, orage, ad lib. La suite prouvera que j'avais raison. Mais c'est vraiment trop facile, la météo dans les Pyrénées en juillet-août, c'est pas un très grand mystère.

Mon sac
Modèle Karrimor SF Delta 35. Indestructible. J'arrive pas à l'user. Pourtant, je le sors souvent...

Or donc le départ est donné. Ça trotte légèrement. Moi je me contente surtout d'allonger la foulée, je marche à grand pas et simplement, quand ça descend, je ne me force pas à marcher mais laisse la foulée se dérouler et naturellement, je sautille. Je discute avec Laurent Thézé et Tony Gout, nous sommes à peu près du même niveau et surtout du même avis que "c'est pas la peine de s'exciter de suite", il nous reste plus de 800 bornes pour exprimer notre talent, ça peut donc attendre. Ouvertement, nous sommes en queue de peloton. J'ai un doute sur la quantité d'eau dont je dispose. Certes j'ai tout rempli ras la gueule, soit 3 bons litres d'eau bien fraîche et bonne, mais tout de même, ça cogne dur, et on va se dessécher comme de rien. Par chance il y a un point d'eau pas loin du départ, à quelques dizaines de mètres sur la gauche, et qui nous est activement signalé par un bénévole. C'est une aubaine, je refais le plein.

À ce stade, le parcours est relativement plat, facile, simple. Sans intérêt m'a indiqué Tony, qui a reconnu cette portion au printemps. Mais bon, ce sont des kilomètres facilement gagnés, je ne doute pas que plus loin nous allons trouver des difficultés. Et je sais être patient. Arrive le CP1. Il règne une ambiance de fébrilité ici. Je fais valider ma "puce". Laquelle puce j'ai failli perdre au Perthus, l'ayant mal fixée sur mon sac. Du coup j'ai blindé le montage à coup de collier rilsan, ça ne risque plus de partir maintenant. Ce serait idiot, hein, de perdre sa puce ? Je grignotte un ou deux crackers au CP, fait le plein d'eau, et repars. Et je complète le "plein d'eau dans les bidons" par un "plein d'eau dans la chaussure". En effet, il y a un petit passage à gué, tout simple, après le CP. Et je réussis à magistralement riper sur un caillou et plonger ma chaussure gauche bien profond dans l'eau. Il faut savoir que je suis parti en chaussures de rando traditionnelles, des Meindl Badile, en cuir, dans la plus pure branche classique du gros godillot de rando à la papa. C'est top comme chaussure, ça protège de tout, des cailloux, ça bichonne votre maléole, c'est relativement étanche en revanche si on fait passer l'eau au-dessus de la cheville, ça se remplit comme une outre. Et là, ça sèche pas très bien. C'est donc par ce temps caniculaire que je me ballade avec un pied gauche trempé, bravo Christian, y'avait juste *une* connerie à ne pas faire en ce début de course et là, c'est bon : elle est faite. J'hésite à carrément changer de chaussettes. Puis je décide que je n'en suis peut-être pas à ma dernière connerie, alors je continue ainsi.

On croise Wouter, qui a des soucis, et va manifestement devoir couper l'aventure. C'est triste, mais je ne peux malheureusement pas lui prêter une paire de jambes neuves. Il le savait avant de partir, sa prépa avait été chaotique. Je discute avec un coureur qui s'aperçoit, en échangeant avec moi, que je suis l'auteur du petit fichier Excel qui va bien, partagé sur Facebook, avec les distances, dénivelés, temps, qui séparent chaque étape du parcours. L'organisateur en a bien fourni un, mais avec une granularité très vague, au niveau "CP". Le mien est plus détaillé, il comprend quelques centaines de lignes, en gros une étape toutes les heures, ce qui permet de se rendre compte "OK, là, ça va monter pendant une heure trente, puis descendre 50 minutes", etc. C'est une information que je trouve très pratique, je l'ai collectée en recopiant, à la main, les topo-guides "officiels" du GR10. D'après ces guides, en temps de rando, il y en a pour 350 heures pour faire Le Perthus - Hendaye. Sans compter le ravitaillement, les pauses dodo, etc. Cela veut dire qu'en comptant des arrêts de 4 heures par nuit (3 heures de sommeil) il faut aller plus vite, d'environ 10% à 15%, qu'un randonneur "normal". Et ceux qui ont reconnu le parcours nous ont prévenu : si dans certains secteurs les temps annoncés par les topo-guides sont réalistes, il paraît que dans l'Ariège, c'est chaud patate, en gros t'as beau randonner comme une brute, tu mets tout juste le temps annoncé, sans gagner de temps. Je verrai bien quand j'y serai. Cela peut paraître incroyable, mais déjà, à ce stade, je croise des coureurs en surchauffe, qui refroidissent la machine sur le bord du chemin. Bigre, nous n'en sommes qu'au tout début.

La nuit tombe. Je commence à envisager de dormir. J'ai ma tente dans le sac. Je pourrais attendre le refuge de Batère pour dormir. Ou planter la tente. J'hésite. Je vois un coureur qui dors à la belle étoile, le long du chemin. Un autre me siffle à l'arrière. Suis-je perdu, hors GR ? Mmm, je crois bien que oui. Je jardine dans la forêt, autour d'un ruisseau. Et puis tout en jardinant, je vois un spot idéal pour planter la tente. Je décide de m'arrêter. Comme je suis hors parcours, personne ne me dérangera ici. Je monte la tente, comme prévu en 15 minutes, comme dans mon jardin. Je fais une petite boulette en "coinçant" des herbes piquantes entre la doublure et le toi extérieur. Bof, ça restera comme ça... Comme j'ai pris la tente, j'ai renoncé au duvet. Niveau poids c'était ou l'un, ou l'autre. J'aurais pu, moyennant un investissement financier conséquent, cumuler les deux. Mais pour vous faire le tableau, une tente à 1400 grammes comme j'ai, c'est 130 euros. Une tente à 800 grammes, c'est 600 euros. Idem pour les duvets, j'en ai un "bien" mais pas non plus "ultra light". Mais c'est pas grave, pour me protéger du froid lorsque je dors la nuit, je compte sur la technique simple "mets tous tes habits". J'enfile donc mon sur-pantalon de pluie, pour réchauffer les jambes, car dormir en short, ça fait fraîchou. Mais comme je suis fatigué, et à moitié dans le noir, je le mets à l'envers et le zippe en inversant le haut et le bas. Du coup j'ai l'entrejambe au niveau des genoux, je caille au niveau du haut des cuisses, bref, c'est un échec. Enfin bref, je me réveille 3 heures plus tard. Le sommeil n'a pas été idéal mais j'ai toutefois mieux dormi, me semble-t-il, que tous ceux qui ont tenté le dodo dans des dortoirs communs et autres tentes bondées car en début de course c'est clair : le peloton est encore dense.

Mercredi 20 juillet 2016 - J+1

Première mer du nuage
Juste après Batère, première vue magnifique au level de soleil.

J'arrive à Batère avec le plein de sommeil, je me restaure et repars vers de nouvelles aventures, avec un magnifique lever de soleil sur la montagne. Je sens qu'il va me plaire, ce GR10. On arrive dans le secteur du Canigou. De ce que j'ai compris, il y a plusieurs options de parcours. Je décide de faire au plus simple et de coller au plus près de la trace GPS. Je n'ai pas envie d'improviser et suivre le GR avec les balises uniquement. Je crois que j'ai encore besoin d'entraînement. Il n'est pas si mal marqué que cela, mais je m'en voudrais trop de faire une erreur de parcours. Apparemment l'alternative coûte plus cher en dénivelé mais est plus courte en distance. Moi, le D+ et le D-, ce n'est pas ma spécialité, je ne cours pas après. Entendons-nous bien, je suis prêt à monter et descendre s'il le faut, mais point n'est besoin d'en rajouter. Je suis un coureur de fond, ma spécialité c'est "quand ça dure très longtemps" et c'est ce qui justifie ma présence ici. Pour le reste, le côté chemin de montagne, ça ne me fait ni chaud ni froid, je pourrais faire la même chose sur du bitume, ça me paraîtrait tout aussi magique. Au risque de choquer certains amoureux de la montagne, je fais mon coming out : "oui, j'avoue, les chemins me laissent indifférent, ça ou du béton, c'est du pareil au même, du moment que ça dure, ça me plaît".

J'ai vu l'ours
Authentique ours des Pyrénées. Aperçu du côté de Py. Fallait avoir l'oeil.

Je me gave de bons sandwichs dans un refuge, c'est bien d'avoir ces ravitaillements possibles "hors CP". Car oui, les 6 000 kcal recommandées par l'organisateur, c'est une blague. En ce qui me concerne, 6 000 kcal, c'est la quantité quotidienne nécessaire. Soit, pour un tronçon court comme Le Perthus - Merens, environ 20 000 kcal, et pour des tronçons plus longs comme l'Ariège ou les Pyrénées Centrales, un bon 30 000 kcal bien tassé. L'intégralité de l'épreuve, c'est je pense 100 000 kcal, l'autonomie alimentaire est un leurre, si on voulait vraiement tout porter, il faudrait partir avec 5 ou 6 kg de bouffe de Merens ou de Luchon, un total de 15 ou 20 kg pour l'intégralité du parcours. Fort heureusement, entre les refuges et auberges qu'on rencontre en route, les CPs, et ce que nous avons dans le sac, ça se gère. Mais j'anticipe déjà certains secteurs avec appréhension. OK, en bouffant ma réserve (7 000 kcal par base vie + 1 000 kcal de réserve) je peux tenir une journée, voire une journée et demi, mais au delà, ce sera la panne sèche. Et c'est là qu'on voit la différence entre avec et sans assistance. Je porte en permanence un kilo et demi de victuailles juste "au cas où". Si j'avais l'assurance de pouvoir, sous 12 voire 24 heures, faire le plein, je voyagerais bien plus léger, au sens propre comme au sens figuré.

Méridienne verte
Elle est partout, cette méridienne verte ! Je ne m'attendais pas à la croiser ici. Et pourtant.

Un petit groupe se forme, je descend avec eux sur Mantet. On cause. La nuit tombe dans la montée qui suit. Je cherche à repérer un coin sympa pour planter ma tente. J'ai regardé le profil et ensuite : ça va monter. Je préfère dormir en bas au plat dans l'herbe que tenter de planter mon bordel dans un pierrier à 2 000 mètres. Pas folle la guêpe. Je finis par trouver l'endroit idéal, abrité des vents dominants par un petit muret en pierre, juste au bord du parcours mais suffisamment isolé pour que la plupart des concurrents ne me remarquent même pas. Je m'installe donc et au moment où j'entre dans la tente je constate que le fond de cette dernière est très surélevé car les herbes sont très hautes en dessous. Une fois que je me suis allongé, cette surélévation se transforme en un matelas bien mou et confortable. Je dors comme un bébé. La sonnerie me sort direct de ma torpeur. J'ai opté pour une musique de James Brown. One two three four get up ! (à partir de la 11ème seconde...) Get all up... Get up ! Get all up... Impossible de rester indifférent. Je range mon barda et veille à ne rien laisser par terre. Ce serait dommage d'oublier ici une partie de mon équipement, j'ai certes un sac lourd, mais pas grand chose que j'estime superflu. Tiens, voilà Patrice Fayol, avec qui j'avais fait la reconnaissance de l'Ultrathétic Ardèche il y a quelques mois. Je repars seul, pour ce qui devrait être une longue montée entrecoupée de petites descentes, avec à la clé une maxi-descente sur Merens et BV1 ("base vie numéro 1").

Campement
Je viens de monter ma tente discrètement, y'a plus qu'à mettre le double toit et se coucher.

Jeudi 21 juillet 2016 - J+2

CP5 à Bolquère. Marrant comme secteur, nous sommes sur un plateau en altitude, on pourrait presque penser qu'on est en fond de vallée, mais l'altimètre contredit ce point de vue. Pas étonnant que les cyclistes fassent des stages à Fond Romeux pour augmenter leur taux de globules rouges. Il fait chaud. Avant d'arriver au point de contrôle nous traversons des villages, je fais une halte à l'épicerie et m'achète des fruits et un paquet de 6 cônes de glace au chocolat. J'en dégomme 4, en offre un au concurrent qui est dans les parages, et donne le dernier à une dame qui est sur le bord de la route et suit la course. Elle me promet de l'offrir au prochain concurrent qui passe. Une fois au CP, je croise Cédric Fontaine, qui me connaît car il a géré mes pieds aux 6 jours de Privas à la marche. Moi j'ai un peu plus de mal à le remettre, faut dire, à Privas, j'en tenais une bonne. Du coup je fais un tour chez le podo. Dans l'ensemble, mes pieds vont bien, merci les grosses chaussures de rando, ça protège des cailloux. En revanche j'ai une petite avarie côté gauche, l'ongle du gros orteil trône sur une magnifique ampoule. Le verdict est assez évident, l'ongle va tomber. La seule question, c'est "quand ?". A priori pendant la course, vue la durée de celle-ci, en temps normal, ils tombent quelques semaines après l'événement, mais là ça va être plus tendu. Le podo perce et vide l'ampoule, colle de l'elasto autour de l'orteil, et en voiture Simone. Je suis un peu inquiet, c'est quand même un gros putain d'ongle bien énorme, une bonne patate de plus d'un centimètre de côté, son départ risque de ne pas passer inaperçu. Comme par hasard, cet incident arrive sur le pied que j'ai trempé dans l'eau après CP1. Comme par hasard...

Près des Bouillouses
Un gentil traileur a accepté de me tirer le portrait.

Le coureur qui a gagné "ma glace" avant CP5, c'est Laurent Thezé. J'ai fait plusieurs départ du Tor des Géants avec lui donc on se connaît un peu. On se croise avec Cédric du côté des Bouillouses. L'ambiance est à la sortie familiale, il faut dire que le cadre s'y prête fort bien : un grand lac de barrage, des auberges qui servent à manger et à boire, des petits chemins gentils à fond de vallée glaciaire. On en a profité, des auberges, un bon sandwich, une bonne glace, on n'est pas des bêtes !

La neige !
Oui, oui, il y a des traces de neige là haut.

Je repars vers l'ultime montée avant BV1. Cédric et Laurent m'ont largué, je n'arrive pas à suivre le rythme. Ou plutôt, je me refuse à me mettre dans le rouge. Le chemin doit nous amener quasiment à 2 500 mètres, point culminant de l'étape. Et je ne suis pas déçu. Là-haut, après avoir visité un superbe troupeau de vaches, c'est un beau pierrier, bien pourri par endroit, avec un nevé, que je transperce de mon pas lourd et maladroit. La neige qui rentre par le haut des chaussures, font et dégouline glacée le long des chaussettes, c'est juste un régal. La descente n'est pas mal non plus. Surtout que la nuit tombe. Je cherche mon chemin. Encore un coup du "sans assistance" : ma frontale est en permanence en mode économie, si je voulais l'avoir en pleine puissance il me faudrait la recharger en permanence, et en mode solo, c'est juste pas possible. Donc je cherche les marques du GR, j'essaye de vérifier au GPS que je suis à peu près dans le vrai, mais dans un pierrier un peu raide, 20 mètres à droite ou 20 mètres à gauche, ça change la donne. Petite descente en rammasse dans la neige. Au moins, ça, c'était rigolo. Niveau timing, je perçois que je vais arriver à BV1 trop tard pour dormir. Il faudrait, idéalement, dormir avant. Le refuge des Bésines est pile-poil sur ma trajectoire et se trouve au bon endroit au bon moment. Question à 1000 points : sera-t-il ouvert ? Le patron sera-t-il debout ? En fait ils sont là, et super sympa, servent des sodas à ceux qui en commandent, et me laissent m'installer dans la salle principale, sur un banc. Moi, ça me va, je suis fourbu et m'endort immédiatement. Réveil 3 heures plus tard, durée standard d'une nuit sur cette épreuve, en ce qui me concerne, et en route pour la suite.

Vendredi 22 juillet 2016 - J+3

La descente est tout de même un peu moins taquine que le haut du pierrier. Je ne suis pas fâché de trouver Merens. J'y fais une belle erreur d'orientation, je loupe une marque blanche et rouge et m'engage du mauvais côté de la rivière, sur la gauche. Une dame dans un camping-car me rappelle à l'ordre. Merci madame ! On croise les concurrents qui vont en sens inverse, car apparemment il y a un aller-retour pour aller au camping.

Au camping : il pleut. C'est glauque. Ceux qui ont campé sous la pluie savent de quoi je parle. L'organisation en prend plein la gueule. Certains parlent de "base de mort" en lieu et place de "base de vie". C'est exagéré. On pourrait dire "base de survie". Le mot d'ordre ici, c'est pas le plaisir, mais l'efficacité. Formellement, il y a tout ce qu'il faut : mon sac avec mes affaires, à manger, de quoi prendre une douche, des tentes pour dormir. Alors oui, il flotte, le ciel est gris, c'est triste, ça sent les vacances pourries. Et quoi les gars, vous pensiez quoi, que la Transpyrénéa c'était une croisière organisée en Crête ? Sans déconner... J'insiste : sur les fondamentaux, il y avait tout ce qu'il faut à cette base vie, après, il faut savoir apprécier le bon côté des choses, être positif.

Je prend donc une bonne douche. Je change mes affaires. Et ça me prend un temps fou. Je décide de changer de chaussures. C'est pas que je ne les aime pas, mes Meindl, mais formellement, elles m'ont déjà coûté un ongle. Et puis le constat est là : j'avance pas. J'avais prévu des temps de passage, et j'ai déjà une bonne demi-journée (12 heures...) dans la vue. Je pense qu'avec ma paire de rechange, des Hoka Tor Ultra, j'irai un peu plus vite, elles sont formellement plus légères. Je ne les ai pas mises dès le début car je pense que 800 bornes pour ce type de chaussures : c'est trop, elles ne tiendront jamais la distance. Ce sont de bonnes pompes, je les ai rôdées à la 6666, une base trail souple mais avec une cheville montante, malléole protégée et probabilité d'entorse réduite. Je renonce aussi au panneau solaire. Il charge un peu mais pas assez vite. Tant pis pour l'écologie, je bascule en mode pile en ce qui concerne le GPS. J'en prend 12, de quoi tenir 6 jours. Ça pèse sont poids, 6 paires de piles LR06 AA. Je change aussi de chaussettes, slip, cuissard, t-shirt et pour le reste on garde les mêmes. Dernier ajustement, je décide de remiser la tente et opte pour le duvet à la place. Ma tente est super mais elle a un défaut que j'ai mal anticipé : impossible de la monter par temps de pluie car il faut monter l'intérieur d'abord. OK OK c'est une erreur de débutant mais voilà, c'est un peu ce que je suis, un débutant. Elle m'a bien servi au début, m'évitant les bouchons dans des CPs surchargés, mon pari est que sur la suite le peloton sera plus clairsemé et il y aura davantage de place aux CPs et autres refuges. C'est un pari. Et le duvet est plus léger. On verra bien.

Je passe faire les examens au stand des italiens. Ils font donc une étude sur les effets de la fatigue. Je respire donc les divers tubes avec les odeurs curieuses, passe à l'échographie cardiaque, me fait prélever un peu de sang au bout des doigts, et voilà. Ils sont sympa et ne me forcent pas à enlever mes chaussures pour monter sur leur balance tout-en-un qui vérifier le poids, le taux de masse grasse et tutti quanti. Sans rire je viens de passer un temps fou à préparer mes pieds, mettre en place le pansement sur mon gros orteil, régler les chaussettes nickel, c'est pas pour tout défaire maintenant. Noter que pour le pansement, j'ai un peu amélioré le dispositif, je mets un pansement normal, genre le urgo beigeasse pour bobo au genou des enfants sur l'orteil, en veillant à ce que la partie blanche soit bien au niveau de la jonction entre l'orteil et la peau, au niveau de la matrice qui génère l'ongle. Puis, là, je strappe avec de l'élasto autour. Et ça, ça m'évite de hurler lorsque j'enlève le pansement, et baisse mon niveau de stress concernant le "oups, sans faire gaffe, j'ai tout arraché".

Je suis enfin prêt à repartir.

Lire la suite (étape 2, Merens - Luchon)

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Mis à jour le mardi 16 août 2016.