CR Écotrail de Paris

Suite de la trilogie parisienne. L'épisode précédent c'était le Semi et le suivant ce sera le Marathon de Paris. Pourquoi faire l'Écotrail juste avant le marathon. Bah, ça fait une bonne sortie longue, et puis c'est quand même assez pratique, juste à côté de la maison.

Enfin, pratique... À Argenteuil, un train de banlieue a sauté. Je prends le suivant, 15 minutes de perdues. Puis à Invalides, le RER C que j'avais prévu de prendre me file sous le nez, pile à l'heure. Le suivant a 10 minutes de retard, en revanche. Du coup j'arrive à Montigny le Bretonneux bien en retard, et c'est un bon moment de stress pour prendre la navette qui nous emmène au départ. Au final je suis à l'heure, j'ai le temps de passer à l'heure, et j'ai 3 minutes de marge avant que le pang du départ nous lance sur le parcours, c'est royal.

Avant le départ je croise Alex Forestieri, qui a fait le parcours en sens inverse à partir de minuit vendredi soir. Je regretterais presque de n'avoir pas fait pareil.

Je remonte un petit peu le courant mais sans me mettre la rate au court bouillon, je sais qu'il nous reste plein de km pour exprimer notre talent. J'ai opté pour une tenue légère, un t-shirt manche longue, et par-dessus un manche courte. Pas de polaire ou de coupe-vent. J'ai une bonne vieille grosse Gore-Tex dans le sac, au cas où. Le sac, d'ailleurs, c'est un 25L que j'ai acheté en prévision des trails de montagne (Grand Raid 73 ou Grand Raid 6666) mais j'ai trouvé que pour l'Ecotrail c'était le moins pire que j'avais. La Gore-Tex pour éviter de chopper froid en haut de la Tour Eiffel ou dans le train au retour, c'est top. Bon, OK, j'aurais pu utiliser le drop-bag au gymnase mais tout ça me paraît bien compliqué. Au moins là c'est sur mon dos, pas de risque de le perdre. Je porte aussi un bob Cochonou (cadeau publicitaire du Marathon du Médoc, plein de gens l'ont, personne ne le porte...) mais je ne m'apercevrait que très loin dans le parcours que je l'ai enfilé *à l'envers*. Sans rire, z'auriez-pu me le dire !

Cochonou
Bon, j'ai déconné, j'ai mis mon chapeau à l'envers #dagobert

Je remarque un coureur qui court en "minimaliste". Pas avec des chaussures de bobo qui font "comme si on était pieds-nus mais pour 130 euros", mais plutôt avec un sac-à-dos que c'est même pas un sac-à-dos mais un sac balluchon en toile de 30g du genre de ceux qu'on offre en cadeau promotionnel quand on n'a pas de budget. Intéressant. À un moment je vois un beau gosse devant moi. Mollets tous bronzés, chevelure blonde et fournie, un vrai physique de maître nageur. Et devinez quoi, c'est Gaël, une vieille connaissance avec qui je tape le carton pendant quelques centaines de mètres.

Je mets environ 2h pour faire les 21 premiers kilos. J'aurais dit que j'allais plus vite que cela, c'est peut-être le sac-à-dos qui me ralentit. Bon, pas grave, le plus intéressant reste à venir. Je franchis le ravitaillement en 10 secondes, pas besoin de m'arrêter, j'ai 2L d'eau, des barres de céréales à ne plus savoir qu'en faire, un Schweppes agrumes en rab' au cas où, bref, de quoi tenir un siège.

Je me fais la réflexion sur le parcours que cette côte à 15%, qu'on attaque après un virage à 90 degrés sur la droite, on doit la faire 10 fois. Avec des petites variantes, mais fondamemtalement c'est toujours la même. Ceci étant, on ne s'en lasse pas. Comme au Maxi-Cross , je suis bien dynamique dans les bosses, et je me fais taxer sur le plat. Marrant hein. Et là, y'a pas l'excuse des chaussures, je suis venu avec des pompes de trail normales. À mon avis, le fait que je marche bien m'aide beaucoup dans les côtes un peu raides.

Aux alentours du km 42 je m'inquiète de ne pas voir cette fameuse arche au milieu de l'herbe, mais en vérité le parcours a changé après toutes ces années. Car oui, l'Écotrail j'y suis déjà allé, et en particulier en 2009, dans un magnifique (oui, oui, il est joli) déguisement de lapin bleu . Cette année je suis en civil, ça va être compliqué de claquer un record car j'ai eu un début de semaine intense (je suis en pleine prépa Marathon, et c'est le moment de charger la mule) mais toutefois, j'aimerais bien "aller le plus vite possible". Donc au 42, y'a rien. En revanche au 45 on traverse de jolis petits jardins, et il y a un point de contrôle avec, c'est royal, de l'eau. Autant dire que ma poche de 2L c'est clairement surdimensionné, surtout vu la météo plutôt fraîche.

Je repars guilleret en attendant le 54. Je suis toujours sur une base de 10 km/h. Et ce 54 tarde à venir. J'ai ralenti ou quoi ? Pourtant j'ai l'impression de ne pas mollir. Tiens encore une tête connue qui me croise. Et qui m'aborde "qu'est-ce que tu fous là ufoot ?" d'un air de dire "hé tu te traînes mec !". Bon désolé, je fais ce que je peux, et je trouve que ça va quand même. Donc le 54 tarde à venir car c'est pas 54 c'est 55. Ah bon.

Je ne traîne pas non plus à ce ravito, je bois un gobelet de boisson énergétique mais c'est tout, juste le temps de remplir et je le bois en marchant.

J'attends alors de passer aux Haras de Jardi, un des rares trucs dont je me rappelle sur le parcours, il y a un passage sous une tente entre maintenant et le dernier point de contrôle à Saint-Cloud. Sauf que j'ai tout faux, ce machin a été déprogrammé, et moi évidemment je n'ai pas lu le road-book ni rien ni quoi me disant que l'Écotrail c'est comme d'habitude, on change pas une équipe qui gagne. Bref, j'arrive à la tombée de la nuit à Saint-Cloud. Un gars avant le point de contrôle m'annonce que je suis 200ème. Mmm, si jamais il a raison, ça veut dire que ça vaut le coup que je m'active.

Finish
Me semble que là je vais dans le mauvais sens, ou alors ils ont peint une fausse Tour Eiffel en arrière plan. Mystère.

D'une manière générale, j'avance plutôt pas mal. Impression confirmée par les résultats après course, j'ai systématiquement gagné des places entre chaque point de contrôle. On me dit de sortir ma frontale. Enfin, "on". C'est encore une tête connue, Mohammed, avec qui j'ai couru à une époque à l'USA. Le monde (de la course à pied) est décidément petit.

Je repars gonflé à 100kg, selon mes estimations, je dois pouvoir tomber sous les 8h. Alors j'envoie quasiment tout ce que je peux dans ces derniers 10k. J'ai l'impression de courir plein pot, je double d'ailleurs pas mal de monde, et au final, je me pointe au pied de la Tour Eiffel juste avant 20h15, donc bien en dessous de 8h, mais il reste la montée. Et là, BIM je tombe au-dessus des 8 heures. 3 minutes de trop. Pas très grave, je n'étais pas non plus en mode "hard core performance", mais par coquetterie, j'aurais bien aimé les tomber, ces 8h.

Pas évident que je revienne les chercher, car en toute honnêteté, j'ai moins rigolé cette année que d'autres. Je veux dire, c'était sympa, mais déguisé en 10h ou 11h, c'est quand même vachement plus la poilade qu'en mode "sportif" aux alentours de 8h, Pour X raisons, l'arrière du peloton est plus prompt à discuter, faire des blagues, indépendemment, je pense, du fait que moi, je sois déguisé ou pas. Coureurs qui arrivez à 23h00 ou minuit, je vous aime, et je crois que je vous préfère à la tête de course. C'est difficile à promettre, mais j'ai l'impression que si je reviens sur l'Ecotrail, ce sera bardé de moumoutte ou un truc du genre.

Voili voilo, c'était la dernière sortie longue avant le marathon, allez jacter à l'est !

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Mis à jour le jeudi 24 mars 2016.