29/04/2018 - CR Flèche Bellegarde

Après Dieppe , Charleville et Nice on continue la mission avec Accent Français et donc, cette fois-ci, l'idée est d'aller à Bellegarde ce qui représente, sur le papier, un peu moins de 600 km. Comme je me propose de faire le trajet aller et retour, ça ferait 1200 bornes. En trois jours, ça ne rentre pas, pas en autonomie en tous cas, donc je prévois d'utiliser le "week-end prolongé" (dit "viaduc") du 1er mai pour utiliser 3 jours et demi. En gros le mardi est férié, en posant mon lundi, j'ai 4 jours consécutifs pour aller m'amuser sur les routes.

1200 km aller/retour, c'est beaucoup, et je sais qu'au pire, si ça coince, je peux faire demi-tour avant la fin. On verra bien. Cette fois-ci donc, je suis en autonomie, deux semaines avant j'ai fait 1000 bornes avec une voiture d'assistance, mais maintenant que mes futurs accompagnateurs pour la RAAM me connaissent, pas besoin d'en faire des caisses et déranger tout le monde chaque week-end, rouler seul c'est plus simple. Enfin plus simple, non, pas vraiment, sur le terrain on va plutôt plus lentement, mais c'est plus simple à organiser. En gros j'ai juste besoin de choisir mon itinéraire, rassembler mon matériel, prévenir mon épouse de ma destination, et puis roule.

Samedi 28 avril

Départ donc en fin d'après-midi. Je voulais partir plus tôt. Mais j'ai perdu du temps bêtement à régler des problèmes d'intendance, de la paperasse, tous ces trucs vraiment pénibles, enfin au moins, pénibles pour moi, qui n'ajoutent rien à la saveur de la vie mais vous font perdre votre temps systématiquement. Là je crois que j'ai perdu pas mal de temps à essayer de gérer des changements de location pour les voitures nécessaires pour mon périble aux États-Unis, vérifier la politique des différentes compagnies aériennes au niveau des bagages supplémentaires. Rien de trépidant, mais il faut le faire. Et ça prend du temps.

Donc, 17h00, je roule.

Opéra Bastille
Le départ d'une flèche, c'est à Paris. Ici l'Opéra Bastille, pas certain que ce soit une merveille d'architecture mais enfin, il est là.

Premier incident, à peine sorti de Paris, peu après Villeneuve St Georges, alors que je roule sur une route à double sens, avec un terre-plein central en béton, je me retrouve nez à nez avec une voiture qui arrive en face. Du mauvais côté. Il roule à gauche donc. Nous sommes en ville, le terre plein l'empêche de se rabattre sur la droite, et sur ma droite à moi, je suis coincé, le trottoir est trop haut pour que je puisse y monter en roulant. Je n'ai aucun échappatoire. Le type au volant a la bonne idée de klaxonner donc au moins je peux essayer de me faire tout petit quand il me rase sur la gauche, à contresens. Je regarde les occupants du véhicule qui aurait pu me percuter au moment où il me croise. Et je vois donc quatre petits jeunes dont un conducteur hilare et manifestement très fier de son action. Bon. Faut être philosophe, j'aurais pu mourir or je suis encore vivant donc d'un certain point de vue, j'ai de la chance. Après, se pose la question de ce type de conducteur. Personnellement, je pense que la répression ne leur fera pas grand chose. En revanche, à ce stade de bêtise, j'en viens à souhaiter que la solution dite "du platane" s'applique. Tant qu'ils se plantent sans emm*rder les autres, ça me va.

77
La Seine et Marne dans toute sa splendeur.

Ce début de parcours je l'avais déjà essayé, ou au moins une version similaire, en 2013 quand j'avais fait le début de la flèche Briançon. J'étais parti encore plus tard. Bon là au moins, la nuit tombera un peu plus tard.

Vaux le Vicomte
Oui, il est plus mignon que le Louvre, et que Versailles par la même occasion. Parfois, ce n'est pas la taille qui compte.

De passage devant une entrée d'autoroute, je note un grand panneau avec un affichage, je note "Météo, alerte orages". Ah ? J'avais bien prévu qu'il ne ferait pas très beau, ça devient une mode en 2018, mais de là à avoir une alerte orage, il y a un pas. Que j'aimerais ne pas franchir. Enfin bon, je suis parti. Et effectivement, une fois la nuit tombée, je note que le Bon Dieu prend des photos, loin sur ma droite, avec son grand flash surpuissant. Je ne vois que les éclairs et n'entend pas le tonnerre, mais je ne me fais guerre d'illusions, ce machin va me tomber dessus.

Bonne fête Valérie
Le 28 avril, c'est la Saint Valérie. Or donc je lui fausse compagnie pour aller battre la campagne. Parfois je me dis que les week-ends cocooning à la maison, ça a du bon.

Et ça ne loupe pas, la pluie commence à tomber. Comme je suis fatigué, après une semaine de boulot chargé, je décide de ne pas jouer au héros, sachant que je m'endors déjà sur mon guidon. Je m'installe pour dormir rapido à l'abri de la pluie, sous une espèce d'échafaudage installé en ville, qui me protège du vent et des regards. Je me dis que je vais juste prendre une heure de repos, le temps que le grain passe, et ensuite je termine la nuit sur le vélo.

Une heure plus tard donc, je repars. Et il se remet à pleuvoir. Bon sang de bois, je commence à en avoir plein le dos de cette météo pourri millésime 2018, je décide de carrément m'allonger sous un abri-bus et faire une vraie nuit, genre deux ou trois heures. De toutes façons je n'avance pas, mes bidons sont quasi vides et dormir m'aidera à ne pas me déshydrater, selon une variante du proverbe "qui dort dîne" et qui devient donc "qui dort boit".

J'ouvre l'oeil après une heure trente de sommeil. Je suis blotti dans mon bivvy bag, bien au chaud. Dehors il fait froid. Il pleut toujours. Bof. Je décide d'attendre le lever du jour. Ça me fera une "énorme" nuit de 2h30, mais franchement, aller me mouiller maintenant dans le froid pour gagner une heure ? Je ne vois pas l'intérêt. J'attends donc le lever du jour. Et c'est ainsi que je me fais réveiller par le doux gazouillis des oiseaux. C'est quand-même un peu désagréable de devoir sortir de mon sac, mais au moins il fait quasi jour, et c'est moins la déprime que cette nuit. J'ai bien fait d'investir dans ce sac. Il rentre sous ma selle sans vraiment me déranger, et en cas de coup de mou, c'est vraiment mieux que de dormir "sans rien" avec juste ses vêtements. À noter que par contre, ça flingue la moyenne, car sans le sac, c'est certain, j'aurais moins dormi.

Dimanche 29 avril

Donc normalement, d'après le planning, j'aurais du faire 200 bornes avant de dormir, et aujourd'hui je devrais en mettre un peu moins de 400, ce qui me ferait arriver quasiment à Bellegarde dans la nuit de dimanche à lundi. Au pire, lundi matin très tôt. Mais en pratique, avec ces orages et cette pluie, j'ai moins roulé, et planqué dans mon abri-bus, je n'ai pas scoré autant de kilomètres que prévu. Règle de base : quand tu dors, t'avances pas.

Chablis
La France, terre de vin. Incroyable le nombre de vignobles qu'on traverse dès qu'on part se ballader.

Bon, tant pis, c'est fait c'est fait, et c'est sans regret, commencer un périple de 4 jours par une nuit blanche sous la pluie, ç'aurait pas non plus été l'idée du siècle. Je traverse quelques jolis bouts de campagne, Chabli, Époisses, et le parcours reste valloné, mais pas trop. En gros je remonte le long de différentes rivières, en particulier le Serein, qui se jettent dans l'Yonne, la Seine, et serpentent pas mal. Du coup la route, globalement, monte un peu, de te temps en temps, pour couper un méandre, on a le droit à une petite bosse, mais rien d'incroyable non plus. C'est casse-patte, mais ça se gère.

Jolie vue
Pour le plaisir des yeux.

Surtout, j'ai le vent dans le nez. Plein sud-est. Ça ne facilite pas la tâche. Et avec la journée, il se lève. La matinée ça allait à peu près, mais l'après-midi c'est une vraie boucherie. Après quelques bonnes montées du côté de Dijon (la Côte d'Or, c'est pas plat) j'aborde la vallée de la Saône et me dis que je vais enfin pouvoir me reposer un peu. Mais ce vent est une vraie terreur. J'avance pas, c'est une catastrophe. Tant et si bien que la nuit arrive bientôt, et je suis encore loin, mais alors loin très loin, de Bellegarde.

Miam
Ne pas se laisser abattre. Sans carburant, on ne va nulle-part.

Par ailleurs, la pluie semble se remettre de la partie. Je m'arrête dans un hôtel restaurant, et demande si je peux avoir un coca, genre, le dernier plein avant la nuit. La dame, très gentille, me dit qu'ils ne font pas bar, seulement restaurant. Bon tant pis, je passe mon chemin. L'orage menace, vraiment. En fait ça tombe déjà. Je trouve un abri (un garage à vélo couvert, au milieu de nulle-part...) et fait le point. Je pourrais dormir ici, dans mon sac. Mais la pluie pourrait durer très longtemps... Je ne vais pas attendre 8 heures ici que le jour se lève. Et si je faisais demi-tour pour retourner dans cet hôtel ? Avec un peu de chance il est encore ouvert. Je pourrais au moins dormir au sec, et repartir dans, mettons, trois ou quatre heures. Certes j'aurais toujours à me coltiner la pluie, mais au moins j'aurais de solides heures de sommeil confortables derrière moi, des vêtements secs. En temps normal je ne fais jamais demi-tour, mais là, exception, je rebrousse chemin.

Je demande à la dame si elle a une chambre. Mais non, elle ne fait que restaurant, pas hôtel. Ah mince, suis revenu sur mes pas pour rien alors ? Pas tout à fait. Je profite de sa présence pour lui demander quelques conseils, et elle se met en quatre pour m'aider. Je regarde le parcours et m'aperçois que je ne suis pas très loin de Lons le Saunier. Là-bas, il y aura peut-être un hôtel, va savoir ? Je tente de regarde ça sur Internet. Pas simple, la connexion, ici à fond de vallée, est super pourrie, mais finalement je réussis à identifier un hôtel ouvert 24h/24, et y réserver une chambre. Merci Booking. Vu que là-bas je ne pourrai pas manger, je mange ici, sur place, dans le restaurant. C'est presque comique, car c'est un restaurant plutôt gastronomique, je prend un menu du jour, et c'est super bon mais pas hyper calorique. Mais ça va, je ne fais pas la fine bouche, quitte à être coincé quelque part, au moins ici c'est sec, chaud, on y mange bien, et la patronne est adorable. À la table d'a côté des italiens je crois. Il n'y a qu'eux et moi. On aurait pu imaginer que sur un week-end prolongé il y aurait davantage de clients dans les restaurants de province, mais cette météo pourrie a du en dissuader plus d'un.

Mon repas fini, je me remets en selle. Il me reste une grosse quarantaine de bornes pour rejoindre Lons le Saunier. Au rythme où je vais, fatigué, seul, avec le vent de face, la pluie et la nuit, je prévois quasi trois heures et c'est ce qu'il me faut. J'arrive dans ma chambre d'hôtel fourbu, après m'être collé en grand final un tour de rocade deux fois deux voies de nuit, j'étale mes vêtements pour les faire sécher, et prévois un réveil pour environ 4h du matin.

Lundi 30 avril

Réveil, habillage, petit déjeûner de fortune avec ce qu'il me restait au fond de ma sacoche, et je me mets en route. Normalement, le vent devrait avoir faibli, le vent, très souvent, se calme le matin. Sauf que là, peau de balle, il souffle toujours, plein pot. Nan mais... sans déconner ?

Et pour le coup, le parcours, maintenant, monte franchement. J'attaque le massif du Jura. Niveau vêtements, j'avais prévu "temps pourri" avec donc pas mal de couches, mais j'ai quand même laissé ma grosse gore-tex à la maison. Le problème, en effet, c'est qu'elle est trop grosse pour rentrer dans la sacoche du coup si je l'enlève, je ne sais plus trop où la mettre. J'ai donc des fringues chaudes, mais je ne suis pas "à fond". Et je commence à le regretter.

Une fois le jour levé, j'attends de voir la première boulangerie ouverte pour faire "le plein". C'est une délivrance. Enfin, du contact humain, de la chaleur, et surtout, du gras, du sucre. Exactement ce qu'il me faut.

Dans une montée sur une petite route bien paumée au milieu de nulle-part, il y a tellement de branches mortes, feuilles, pollen et végetaux divers par terre, arrachés par le vent de la veille, que mes roues s'embourbent littéralement. Ce machin colle à mes pneus, et gorgé d'eau, ça colle et ça s'agglutine au niveau des mâchoires de frein. Quand même, j'ai bien fait de me planquer à l'hôtel hier, car dehors, dans le coin, ça a du être un sacré carnage.

Je commence à envisager la suite de mon périple. Je me doute que la fin du parcours est vallonnée, donc les kilomètres vont valoir cher. Assez rapidement je me dis que je n'ai pas le temps d'aller à Bellegarde même, j'ai trop perdu de temps en début de parcours. Surtout, le parcours, en arrivant vers la fin, fait un détour pour aller cherche le col de la Faucille. Bizarre, pour une flèche, en général ce sont des parcours "tout droit". J'en déduis que ce col doit être remarquable, joli, et qu'il faut y aller. Donc je coupe la poire en deux. J'irai à La Faucille, faire le petit détour, en revanche je ne descendrai pas jusqu'à Bellegarde. Tant pis pour la flèche, je la referai une autre fois de manière plus officielle, mais là, ce n'est pas raisonnable.

Ayé
C'est officiel, je suis à la montagne. C'est beau. Allez, on se casse.

Et effectivement, la montée de la Faucille, ça se mérite. Pas tellement la dernière montée, c'est surtout le col de Magnard qui est remarquable. Il ne fait "que" 700 mètres de dénivelé, mais il a un vrai aspect montagnard, surtout dans la partie basse. Bien davantage que le col de la République, du côté de St Étienne, que j'ai fait deux semaines avant. Bon bref. La Faucille, j'y monte, et une fois en haut je m'autorise un petit gueuleton, dans l'unique boutique ouverte. C'est désert. Je discute avec le patron au sujet de la météo. Apparemment cette nuit ils ont eu de la neige et de la grêle. Ah ouais, pas mal. Pour faire fuir les touristes, y'a pas mieux. Je ne m'attendais pas à des miracles en venant dans le Jura, la région n'est pas réputée pour son climat clément, et j'ai encore en tête d'avoir appris à l'école qu'on y trouve certains lichens spécifiques qui normalement poussent bien plus au nord.

Col de la Faucille
Point culminant du parcours, c'est là que je fais demi-tour. Pas le temps d'aller à Bellegarde. Tant pis.

Mais quand même, à ce point, je crois que je peux le dire : cette année, pour la météo, j'ai pas de bol. Oh si, le week-end dernier il faisait beau. 30 degrés, presque, en région parisienne. Sauf que j'étais d'astreinte au boulot, et donc, je ne pouvais pas rouler. Je m'étais dis, naivement, qu'un week-end du 1er mai, il ferait beau...

Bon mais c'est pas le tout, il est temps de faire demi-tour et rentrer à la maison. Il est 14h00. J'ai 570 bornes à faire environ et il me reste 34 heures avant dimanche minuit. C'est faisable, avec des conditions favorables. Genre, vent dans le dos, et pas trop de flotte. Vu qu'il me souffle dans le pif plein sud-est depuis le début de la ballade, s'il ne tourne pas, c'est bon.

Donc, je file. C'est pas le secteur où le vent est le plus important car la route vallonnée tourne et est souvent à l'abri du vent à cause de la montagne mais j'ai tout de même quelques bons moments où j'avance à 35 km/h sans trop forcer.

Le plaisir est de courte durée. D'une part car ce putain de vent est en train de tourner. D'autre part car la pluie semble se réinviter. C'est déséspérant. Je fais le plein de victuailles à Lons-Le-Saunier avant que les magains ferment, et continue ma route.

Il fait froid, il pleut, il fait nuit. Et toujours le vent de face, depuis qu'il a tourné, ce petit farceur. J'envisage ma nuit. Je peux, encore une fois, me carapater dans un abri-bus. Mais en y pensant, il me semble bien qu'à Nuits St George, il y avait des panneaux autoroute. D'ici à ce qu'une autoroute y passe et qu'il y ait un hôtel ouvert 24h/24, ça pourrait être mon jour de chance. Bingo, il y en a un. Je réserve en ligne avec mon portable (pratique quand même, les Internets...) et me pointe sur place à l'hôtel après une heure supplémentaire sous la pluie. Je m'attendais à tomber sur un automate, mais non, une charmante dame me reçoit, je m'installe dans mon lit douillet pour trois heures de sommeil bien mérité, et je repars.

Mardi 1er mai

Je reconnais par endroit le parcours du Triathlon de Dijon, un des premiers que j'ai fait étant adolescent. Mais surtout, je suis transi de froid. Mais vraiment, glacé, gelé. Je chante sur mon vélo, je hurle, je crie, balance des injures, tous les coups sont permis, c'est insoutenable. On dit souvent que le chaud est plus dur à supporter que le froid. Ouais. C'est un truc que racontent ceux qui n'ont jamais eu vraiment froid. Ou alors froid, mais sachant que bientôt, ils seraient au chaud. Là, je suis tout seul, il n'y a littéralement personne sur ces petites routes, et je me sens bleuir à chaque minute qui passe.

Je passe devant une pharmacie qui affiche la température extérieure. Deux degrés. Et bien évidemment, taux d'humidité record. On n'est pas dans une configuration idéale, pour rouler. Et au moment quasi le pire, quand je n'en peux plus, alors qu'on est à presque 600 mètres d'altitude et que vraiment, j'en ai ras la gueule de me peler le jonc dehors depuis des heures, je traverse un patelin qui s'appelle "La Chaleur". Les bras m'en tombent.

Abri-bus 2.0
J'aime squatter les abri-bus pour dormir. On est isolé de la pluie, idéalement du vent, et avec un bon sac, on y dort bien. Mais là, c'est grand luxe, il y a même... de la lecture !

Dans une descente, peut-être la fagigue, ou alors ma sacoche trop chargeé, la pente trop forte, mon vélo se met à guidonner. Je pensais ce phénomène reśervé aux motos sportives. Mais non, vraiment, je n'ai pas rêvé, il guidonne. Je ralentis avec le frein arrière et me cramponne au guidon pour essayer d'endiguer le phénomène. Ouf, j'ai bien failli me planter, sur ce coup là. Pour ceux qui ne connaissent pas, le guidonnage est un phénomène où, en gros, la direction entre en résonance et le véhicule se met à faire des embardées de plus en plus grandes, jusqu'à ce que le motard ou le cycliste se casse la gueule. Sur une grosse moto les forces mises en jeu sont telles que même bien musclé, c'est impossible à rattraper. Du coup mon monte parfois des amortisseurs de direction. Mais revenons à nos moutons.

Au premier bistrot ouvert, je fais une pause prolongée. J'ai froid, et j'ai besoin de me réchauffer. J'enfile les café double. Bon sang, qu'est-ce que c'est bon. Le patron est sympa, lui et ses clients sont motards, ils aiment bien rouler dans la région. Bon c'est pas le tout, j'ai de la route à tailler.

Le plus frustrant, dans l'affaire, c'est de ne même pas avoir le vent dans le dos, il a viré au nord ouest (ça pourrait expliquer le froid...) mais au moins, il ne pleut plus. Il fait même beau, maintenant, autant en profiter.

Semur en Auxois
Semur en Auxois et sa section pavée. Brolom brolom brolom.

J'essaye de revenir le plus vite possible, mais au quatrième jour, je ne suis pas très rapide non plus. J'ai téléphoné à Valérie pour qu'elle vienne me chercher en lointaine banlieue parisienne, pas envie de m'éterniser jusqu'à 3 heures du matin pour la gloriole d'avoir fait la flèche aller-retour. De toutes façons, je n'ai même pas touché Bellegarde... Enfin bref, c'est décidé, je roulerai jusqu'à la tombé de la nuit, et c'est tout.

Époisses
La France, terre de fromage. Comme pour le vin, on ne peut y échapper. Ici Époisses, sur le chemin du retour.

Le lieu de rendez-vous sera Coutançon. À la fois parce que c'est à la bonne distance, que c'est en Seine et Marne donc officiellement en région Parisienne, que j'y serai vers 21h00 et aussi et surtout parce que ça fait penser à Coutufon et Foncoutu. Sur place, je téléphone à Valérie mais bien évidemment le coin est tellement bien desservi que mon portable ne capte rien, je dois faire 500 mètres à vélo pour obtenir un quart de baton et réussir à la joindre. Les joies de la Seine et Marne.

Bon bref, la fin se fait en voiture, j'aurai quand même fait 1050 bornes et 9000 mètres de dénivelé pendant ce week-end prolongé, vive la fête du travail.

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Mis à jour le dimanche 20 mai 2018.